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Quand je me décidais, la semaine dernière, à reprendre la lecture des Lames du Cardinal, j’étais assez loin de me douter que le livre m’accaparerait jusqu’à sa dernière ligne au point de me faire acheter sa suite dans la foulée.

Pourtant, nous y voici, j’ai terminé l’Alchimiste des Ombres, deuxième tome de la trilogie signée Pierre Pevel, et c’est l’objet de mon article de ce « jourd’hui ».

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Aux lendemains des péripéties que l’on sait (ou pas, si vous n’avez pas lu le premier tome), les Lames du Cardinal apprennent de la part d’une espionne italienne sans foi ni loi qu’un odieux complot est ourdi contre le trône de France. En outre, un bien vilain dragon répondant au doux nom d’Alchimiste des Ombres serait de la partie. Il s’avère que c’est un ennemi intime du Capitaine La Fargue et de ses Lames. En un mot, comme en cent : fichtre.

Nous retrouvons nos héros quelques semaines à peine après leur aventure précédente, et nous sommes en terrain familier. Peut-être même un petit peu trop familier, puisque l’auteur a décalqué la formule du premier livre et s’en sert pour le deuxième.

Ainsi, on peut déplorer que les défauts reproché aux Lames du Cardinal se retrouvent à l’identique dans l’Alchimiste des Ombres. De prime abord, une intrigue bien trop longue à démarrer. L’œuvre débute de façon bien plus dynamique, mais se perd rapidement dans les descriptions des quartiers parisiens, des rues labyrinthiques que parcourent différents personnages. Ce qui m’avait intéressé dans le premier tome devient ici redondant, comme si l’auteur s’était longuement perdu sur Wikipédia et avait voulu en ressortir un maximum d’informations.

Il y a çà et là des anecdotes intéressantes, mais d’autres passages s’étalant parfois sur deux pages semblent hors de propos, ralentissant une histoire déjà lente. Je ne peux m’empêcher d’ajouter aussi une réelle maladresse quant aux personnages que Pevel nous décrit (physiquement et moralement) fréquemment et avec précision de la même façon plusieurs fois au cours du livre, comme si le lecteur avait oublié ?

Concernant l’histoire, je rappelle qu’il faut environ 200 pages aux Lames du Cardinal pour donner des indications claires sur la mission des héros. Là, il faut atteindre la page 360. Sur 402.

L’auteur prend le parti de nous laisser dans le flou, et c’est bien normal : il s’agit d’une enquête et de découvrir ce qui se trame. Il meuble plus ou moins adroitement son récit, mais à partir du moment où un personnage découvre de quoi il retourne (un personnage dont Pevel nous fait fréquemment partager les pensées, de surcroît), j’aurais apprécié de le savoir aussi, plutôt que nous laisser dans l’attente.

Voilà pour les reproches, force est d’admettre que l’Alchimiste des Ombres est dans la lignée du premier, cela reste un roman d’aventure haletant, aux personnages attachants (même si certains n’ont pas forcément droit à un temps de parole équitable), aux scènes d’actions bien écrites. Toujours un petit coup de cœur pour Marciac, toujours quelques références aux Trois Mousquetaires, un petit regain d’intérêt pour La Fargue.

Verdict en demi-teinte, donc. Ce deuxième livre me semble dans la continuité entamée par Les Lames du Cardinal, mais la fraîcheur en moins, l’impatience du lecteur en plus. Ce qui pouvait paraître sympathique auparavant passe pour réchauffé ici. S’il sait se montrer généreux en matière de références historiques, de tensions et de scènes épiques, il s’embourbe parfois dans des divagations répétées et pas forcément utiles. Mais, l’auteur joue un coup fin en optant pour une ouverture finale qui ne laisse que peu de doutes : il faut lire le dernier tome pour avoir le fin mot de l’histoire. En espérant qu’elle y soit mieux menée, cependant.

Les Lames du Cardinal, tome 2 – L’Alchimiste des Ombres. Pierre Pevel. Editions Folio SF. 402 pages.

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