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En octobre 2016, je vous parlais du dernier film de Tim Burton, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, et je n’en disais pas forcément que du bien.

Je terminais mon article en précisant que je tirais une conclusion en demi-teinte. Le film m’avait ennuyé par moment, m’avait déçu, mais s’appuyait sur un côté fantastique qui m’avait suffisamment parlé pour lire le livre.

Ni une, ni deux, je l’avais acheté et entamé le lendemain. Toutefois, la vie a fait que je l’avais laissé de côté.

Toujours dans ma soif de lecture récemment renouvelée, j’ai pris la décision de finir les livres que j’avais pu entamer et laissé de côté ces dernières années (Les Lames du Cardinal ou Les Ombres de Chevalienne en tête).

Miss-Peregrine-et-les-enfants-particuliers

Bref, aujourd’hui, je vous parle du livre qui a inspiré le film.

Rompant avec mon genre fétiche, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers met en scène Jacob, adolescent de seize ans qui vit de nos jours (hé, ouais, pas de dragons, d’elfes ou de magie, tout arrive) aux Etats-Unis avec son père et sa mère. Il éprouve une affection toute particulière pour son grand-père et ses histoires, relativement mise à mal quand il devient persuadé qu’il n’a été que la victime des divagations d’un vieux fou. Un soir, cependant, il retrouve son grand-père mortellement blessé et s’en suit un voyage qui le mène à un pensionnat en ruines sur une île à l’écart du monde où règnent les moutons et les villageois bourrus.

D’emblée, une originalité : le récit est écrit à la première personne. C’est suffisamment extraordinaire à mes yeux pour être mentionné, tant je trouve l’exercice par défaut délicat quand il s’agit d’une fiction.

Cela ne renforce que l’attachement qu’on a pour Jacob, comme si nous faisions partie de lui. Un adolescent beaucoup plus mature et charismatique que son équivalent cinématographique. Plus drôle, aussi. Les dialogues laissent parfois jaillir un esprit qu’on ne lui connaissait pas chez Burton, avec un sens de la formule et du cynisme bienvenu.

Ce ne sont d’ailleurs pas les seules différences, puisque le film a décidé d’altérer certains personnages et pouvoirs, je ne comprends par exemple pas réellement l’idée d’avoir inversé Emma et Olive par rapport au livre (dans la mesure où j’étais assez fan de l’Olive du film, j’ai été très agréablement surpris par l’œuvre originelle) .

Et, contrairement à ce que j’en disais il y a 10 mois, il me semble désormais que le film n’était pas du tout prévu comme une nouvelle licence ciné, mais bien comme un stand-alone. Il suffit de lire les vingt dernières pages pour s’en convaincre. Très clairement, Ransom Riggs voulait écrire une suite à ce premier tome, il ne pouvait achever son histoire comme ça (il a d’ailleurs écrit deux livres supplémentaires), alors que le film se suffit à lui-même.

De menues trahisons et raccourcis achèvent de convaincre que Burton aurait pu jouer les choses autrement, certains choix qu’il a effectué me sont incompréhensibles.

Bref, pour dire les choses clairement, le film ne rend que très mollement hommage à un livre bien plus prenant, notamment grâce à la personnalité de Jacob, un bien chouette protagoniste. La lecture se fait de façon fluide, tout est clair, tout est bien traduit et tourné, on a même quelques passages un peu violents auxquels je ne m’attendais pas forcément (c’est un roman jeunesse, après tout, je suis trop innocent?). Et pour tout vous avouer, ça m’embête un peu, puisque j’aimerais bien retourner voir les Lames du Cardinal et Drizzt. Me voilà avec une nouvelle saga à suivre…

Particularité du livre : il est ponctué de photos en noir et blanc qui, d’après l’auteur, « sont authentiques et anciennes ». Il assure que certaines n’ont reçue que de légères retouches mais elles ne sont majoritairement pas retouchées. Ces photos prennent une place dans le récit, lui donnant une saveur presqu’authentique.

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers – Ransom Riggs. Editions Livre de Poche Jeunesse. 436 pages.