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Il y a une raison pour laquelle Assassin’s Creed IV est un de mes jeux préférés, au-delà même de la sensation enivrante quand on est à la barre du Jackdaw, c’est grâce à son univers et son ambiance centrés sur la piraterie. Qu’on soit à Nassau ou à La Havane, ça fleure bon le soleil, le rhum, l’aventure, ça renvoie inévitablement à Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski.

Grand mordu de la quadrilogie (avec une préférence nette et marquée pour les deux premiers), c’est avec joie et appréhension que j’attendais Pirates des Caraïbes – La Vengeance de Salazar, sorti cette semaine dans nos vertes contrées.

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Six ans se sont écoulés depuis La Fontaine de Jouvence qui a divisé les critiques, déjà un peu partagées sur Jusqu’au bout du monde, mais le plaisir de revoir Jack Sparrow au cinéma est plus fort que la crainte d’être déçu. Avis sans spoiler.

Comme à l’accoutumée, dressons un rapide tableau de l’histoire. Face à une nouvelle (encore) menace ressortant de son passé (encore), Jack est contraint de partir à la recherche d’un nouvel artefact miraculeux (encore), accompagné d’Henry et Carina, le nouveau duo de petits jeunes (encore) qui seront inévitablement les témoins des frasques de Sparrow (encore).

Les mauvaises langues pourraient faire le parallèle avec Star Wars 7 qui se rapproche tout autant du remake que de la suite et il faut bien avouer que ce Pirates 5 a parfois un petit arrière-goût du 1er.

Toutefois, cela n’est pas gage de qualité pour autant puisqu’à mon sens, ce nouvel épisode est à classer parmi les moins bons de la désormais pentalogie.

 Nous retrouvons Jack environ 20 ans après Jusqu’au bout du monde, le saut dans le temps est un brin douloureux, mais soit, c’était l’occasion de repartir sur des bases saines.

Sauf que ces bases saines se trouvent bâties sur un bon lot d’incohérence que l’amateur moyen de la saga ne manquera pas de relever. Des problèmes au niveau de la chronologie des films, avec des actions ou des relations supposément passées mais à des moments totalement illogiques, des problèmes au niveau même de la mythologie installée avec un non-respect total du 3ème épisode.

Alors, on est dans du cinéma grand spectacle, ça ne pousse certes pas à la réflexion, mais ça ne me semblait pas spécialement dur de revoir au moins les 3 premiers avant de se lancer dans la création du 5ème.

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Moi dans la salle de cinéma, allégorie.

D’autant plus que ce manque de cohérence frappe même certains personnages et en particulier ce bon Jack qui passe de pirate gentiment manipulateur à… débile ? Alors soit, on voit qu’il carbure exclusivement au rhum et que la seule eau qu’il tolère, c’est celle qui berce son navire, mais j’ai trouvé le traitement du personnage assez à côté de la plaque tout comme celui de Barbossa (et là, je pleure encore pour ce brave Hector que j’apprécie tant, surtout après avoir revu Pirates 1 la veille d’aller au cinéma).

L’antagoniste du jour, Salazar, est incarné par un effet spécial ambulant qui ressemble à Javier Bardem (bon ok, y’avait Davy Jones avant lui, ça va), le personnage en lui-même est un méchant vraiment méchant qui tue des pirates, fait peur sans le faire exprès, franchement je ne partirais pas en croisière avec lui. Javier assure le spectacle. En revanche, j’ai trouvé ses motivations peu crédibles, pour ne pas dire tout bonnement stupides, en fait.

Et question stupidité, on a également un vilain officier britannique qui ne sert rigoureusement à rien sinon à nous faire perdre du temps.

Ajoutons à cela un cruel manque de rythme, le film met du temps à démarrer et on attend éternellement que Jack fasse montre de ses facéties et elles arrivent de façon sporadique (je garderai en mémoire un petit running gag idiomatique vraiment rigolo). De plus, les scènes d’action sont majoritairement illisibles, en particulier lors d’un abordage nocturne.

Alors, voyons, scénario un peu réchauffé, incohérences, méchants assez mauvais, rythme pourri… Je suppose qu’on peut passer à ce qui va bien ? Mais si, en réfléchissant bien, je vais trouver.

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Il nous rate pas avec sa critique, cet enfoiré.

Ah oui, si on revient deux minutes sur les personnages, j’aime assez le duo de jeunes premiers, surtout Carina qui incarne une femme forte comme la saga sait les faire. Il s’agit d’une astronome lettrée qui ne s’en laisse pas compter et ça, c’est cool.

Et puis, deux inévitables marques de qualité de la série : la musique, véritable membre du casting, et les effets spéciaux au top. Rien à redire sur ces points, c’est maîtrisé et savoureux.

Ensuite, il m’est impossible de passer sous silence que-

Euh… Que…

Merde.

Ben, c’est tout, en fait.

Résumons ainsi, Pirates des Caraïbes 5 est très bancal. Le plaisir réel de retrouver l’ambiance et l’univers est malheureusement trop contrebalancé par les menues trahisons faites au mythe et par un rythme maladroit, alors même qu’il y avait une excellente matière et quelque chose de bien à faire après le 4ème. Dommage, il s’agit donc en l’espèce de l’épisode qui se disputera avec ledit 4, la place de bon dernier (et pour ma part, ils sont classés dans mon cœur par ordre de sortie, le hasard fait bien les choses). Je crains presque un 6. Mais j’en ai toujours envie.