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Malgré les avancées importantes réalisées en une cinquantaine d’années, la conquête de l’espace risque de rester à l’état de rêve pour encore un bout de temps.

Bien conscient du manque que cela peut occasionner, Bioware a décidé de permettre virtuellement aux gens, qui auraient le mauvais goût de ne pas être là quand ça arrivera réellement, d’explorer la galaxie à bord du Normandy dans la trilogie Mass Effect.

Véritable icône de la ludothèque PS3 et Xbox 360, un nouvel épisode était attendu par beaucoup sur la génération actuelle de consoles. C’est désormais chose faite depuis le 21 mars 2017.

Toutefois, contrairement aux épisodes originels, Mass Effect Andromeda n’a pas remporté l’unanimité des suffrages et, à l’heure où j’écris ces lignes, est considéré par la critique presse comme les joueurs comme étant le plus faible de la saga.

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Alors, comme on est sur un blog totalement objectif (ben quoi ?), laissez-moi vous éclairer d’un avis impartial, sérieux, neutre, implacable et sans spoiler. Bref : qu’en est-il ?

Rapide état des lieux : l’Initiative Andromède trouve ses origines entre Mass Effect 1 et Mass Effect 2. Des vaisseaux d’explorateurs sont envoyés dans la lointaine galaxie d’Andromède, depuis la Voie Lactée, afin de la coloniser. Quelques 600 ans et des brouettes plus tard, nous assistons au réveil de notre protagoniste, Scott ou Sara Ryder (laissé au choix du joueur, les deux personnages étant frère et sœur).

Et évidemment, tout ne se passe pas comme il faudrait, le vaisseau est vaguement endommagé, la planète qui devait leur servir de Terre 2 n’apparaît pas de prime abord très sympathique : il va falloir y aller et voir ce qu’on peut en faire.

C’est donc équipé d’une toute nouvelle combinaison avec propulseurs que notre personnage principal va fouler du pied un monde inconnu. Cette combinaison est un véritable bond en avant contre le côté rigide du gameplay original. Le personnage peut sauter, faire des dashes dans toutes les directions horizontales, c’est un principe bête et évidemment déjà vu ailleurs, mais il apporte un dynamisme salvateur.

A côté de cela, Ryder dispose de toute une palette d’upgrades déblocables tout au long du jeu, suivant trois axes principaux (combat, biotique, tech). Bref rappel : la biotique, c’est l’équivalent SF de la magie (essentiellement de la télékynésie), la tech englobe les capacités comme des grenades. Bref, tout cela octroie différentes attaques ou capacités lors des combats, ma préférée étant une charge biotique qui envoie Ryder à travers la matière pour asséner une légère pichenette (non) à un ennemi. La sensation de puissance est assez réelle avec ce genre de technique.

Ajoutons la possibilité de changer l’équipement du protagoniste (armes, combinaison) pour plus d’efficacité et voilà qui devrait contenter la plupart des joueurs.

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Mais bon, tout ça… Tout ça… On s’en tamponne un peu en fait, non ? Je veux dire, vous l’avez déjà lu ailleurs, c’est bon.

Rentrons dans ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, à savoir, l’avis général est-il mérité ?

La réponse ne peut être que normande (normal, non ? Normande ? Vous l’avez ? Héhéhé… Hem.).

Il y a des points reprochés à Andromeda qui s’entendent, d’autres moins. Prenons par exemple les animations, les personnages souffrent effectivement de mouvement pas forcément très bien fichus, les visages ne sont pas superbement modelisés ou expressifs, c’est un fait et certains doubleurs ont fait un travail curieux (la voix originale de Suvi… Euh… Je sais pas ce qu’elle prend, mais j’en veux.).

Il y a aussi des bugs plus originaux comme cette scène de dialogues où non seulement je ne voyais plus rien si ce n’est un mur, mais en plus l’interlocuteur n’était pas doublé et n’avait pas de sous-titres. Ou ce moment où je suis tout simplement tombé sous le sol, ce qui a occasionné ma mort. Et je ne vous parle pas des freezes ou des reboots de la console trois ou quatre fois. Une succession de fautes difficilement pardonnables pour un jeu de cette ampleur.

Cependant, on a également condamné la nouvelle galerie de personnages. Alors ok, certaines scènes sont clichés et dispensables, mais j’ai clôturé cette aventure en étant tout aussi attaché à l’équipage du Tempête qu’à celui du Normandy, avec même quelques préférences comme Drack, un krogan qui renverrait Wrex dans ses couches, ou Peebee, une asari Indiana Jones-like.

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Et même au-delà des personnages principaux, certains personnages secondaires (pas les méchants, qui eux, sont clairement nazes et avec des motivations stupides) bénéficient d’une chouette écriture, comme Reyes. C’est d’ailleurs cette écriture que je souhaiterais mettre en avant, ne serait-ce que sur Ryder qui est bien plus abouti que Shepard en son temps. Le personnage a un sens de la répartie et un humour décapant (pour peu qu’on fasse les choix de dialogue adéquats) et plusieurs scènes m’ont fait marrer par leur côté totalement décalé (notamment dans une des missions de loyauté).

Cette écriture rend l’ensemble des personnages vraiment sympathiques à quelques exceptions près, ça dépendra du goût des joueurs (personnellement, je ne suis pas fan de Cora) et cet aspect allié à un gameplay dynamique suffit à sauver un navire qui prend parfois l’eau.

Pour ma part, son défaut majeur est lié à l’interprétation du mot « exploration » par Bioware : à aucun moment je n’aurais imaginé qu’une personnalité censée guider un peuple se retrouve à faire des quêtes à la con comme aller chercher une bouteille de vin ou retrouver telle connerie dans tel village abandonné.

Des taches créées pour rallonger une durée de vie qui n’en avait pas forcément besoin, d’autant qu’elle est déjà étirée par l’emploi très fréquent (synonymes acceptés : lourdingue, à chier, emmerdant, casse-couilles) d’un scanner pour tout et n’importe quoi. Un peu, ça aurait été, mais Bioware a décidé de rentabiliser sa trouvaille en l’impliquant un peu trop souvent.

In a nutshell (big up à ma prof d’anglais de seconde), Mass Effect Andromeda fait honneur à son nom. Alors peut-être n’est-il pas pleinement ce qu’on aurait voulu, il est maladroit, des éléments sont dispensables, mais il a tenté des choses pour dépoussiérer un peu la saga en en gardant l’ADN. Il représente une bonne base pour une suite qui, d’après l’actualité récente, apparaîtra le jour où Pompon rentrera au collège (elle est en moyenne section, pour mémoire) et c’est bien dommage tant elle promettait.

J’en ai pas parlé mais…

  • Le Nomade (remplaçant du Mako) est relativement fun, si on enlève le principe totalement con de devoir changer de mode dès que y’a une légère montée et se rapproche d’une Batmobile sans arme.
  • Puisqu’on en parle, les personnages discutent quand on est dans le Nomade et ça donne souvent lieu à des échanges rigolos.
  • Les facilités de scenario décriées ça et là (personnages humanoïdes dans Andromède, communications faciles) sont obligatoires pour avoir une histoire accessible à raconter. Ça aurait été moins pertinent si Ryder n’était tombée que sur des cailloux ou des sortes de papillons géants cannibales.
  • Les planètes sont assez variées et agréable à parcourir, même si parfois un peu clichés, devinez donc ce qui peut bien rôder sur une grosse planète au désert infini… ?
  • SAM, l’IA qui nous accompagne tout au long du jeu, est chiant comme la pluie au moindre changement de température. Vraiment. Need un patch.
  • Un léger fan-service pour les joueurs de la première trilogie, des références, c’est sympa.
  • Un humour vraiment bienvenu qu’il faut parfois un peu chercher dans des à-côtés (mails, datapad).
  • Je suis le commandant Hibou et les Krogans sont ma race préférée de tout le jeu.