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Après de longues tergiversations (pas loin d’un mois, en fait), voici enfin venir l’article que vous n’attendiez pas, parce que moi-même je ne pensais plus le faire : mon avis sur Rogue One – A Star Wars Story.

Si vous êtes là, c’est qu’il y a de fortes chances que vous me suiviez sur Twitter. Et si tel est le cas, vous connaissez d’ores et déjà mon opinion sur le premier spin-off Star Wars : j’ai détesté.

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Pourquoi ? Réponse en-dessous, sans spoilers.

Rappelons pour le contexte que j’ai été biberonné au Star Wars étant petit, je n’ai rigoureusement aucun souvenir de ma vie sans, j’ai eu des figurines, des jeux vidéo, des Lego, j’ai été aux anges devant Le Réveil de la Force (voir ici).

Bref, Star Wars, c’est le kif intense. Pourtant, ce Rogue One, je ne l’attendais que peu. Deux raisons à cela, la première évidente, c’est que le septième épisode finissait sur une ouverture ne donnant qu’une seule envie : voir la suite.

Dès lors qu’on nous a dit que l’épisode d’après ne serait en aucun cas la suite et en outre serait intercalé entre les III et IV, mon intérêt a grandement diminué.

D’autant plus qu’il s’agit d’une histoire oneshot dont les aboutissants sont déjà connus de tous : l’obtention des plans de l’Etoile de la Mort explosée lors de la bataille de Yavin 4.

Bref, enjeu scénaristique = zéro. Ça commence bien.

Pour autant, ça reste Star Wars et je n’allais pas me laisser abattre par ces considérations. Après tout, j’ai pu apprécier quelques moments de la prélogie alors même que nous étions au courant de comment tout allait se terminer.

Puis vinrent le premier teaser (ohoh, sympa), le premier trailer (hem… ça a l’air un peu naze, en fait, non ?) et enfin la sortie du film.

Ça y est, mes amis, nous y sommes !

Alors, voyons, le pitch évoqué ci-dessus sert de prétexte pour nous fourguer une palette de personnages assez fades à l’exception d’un moine aveugle ayant des affinités avec la Force.

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J’ai qu’une expression de visage et je compte bien l’utiliser.

Difficile de vous les passer en revue, pour deux bonnes raisons : il  y en a trop et je n’ai retenu que peu de noms.

Disons qu’entre un méchant qui n’a que pour finalité d’être méchant, en plus de gagner le pompon d’être le plus antipathique et le moins charismatique de la saga (t’as eu chaud à ton cul, Grevious, hein ?), et une héroïne qui a autant de charisme qu’une tartine tombée au sol (du mauvais côté évidemment) et secondé par un Han Solo-wanabee en moins cool, moins fringant, moins drôle, plus barbu (non, c’est pas Chewbacca), on a du mal à s’attacher à quiconque.

Donc, on en vient à essayer de s’intéresser aux personnages plus secondaires, un dark-C3PO caution humoristique qui tombe à plat, un gentil pilote de vaisseau auquel on a juste envie de faire un câlin et de lui dire que ça va aller, le fameux moine qui a les bastons les plus classes de la saga hors jedi (Donnie Yen <3) et son pote bourrin qui n’est là que pour dézinguer du stormtrooper (je suppose que Willis, Stallone et Schwarzy étaient occupés).

Une belle brochette de no-names auxquels on adjoint des acteurs dont le talent n’est plus à démontrer, mais qui ne servent quasi à rien et la promesse d’une présence de Darth Vader, histoire de ne pas perdre tout le monde. Ah, si Mads Mikkelsen tient un rôle relativement important, mais je n’ai toujours pas compris pourquoi on a perdu du temps avec ce cher Forrest qui campe un personnage dont on aurait tout à fait pu se passer dans le scénario.

Le souci avec tout ce beau monde, c’est qu’en plus d’être nombreux, ils mettent trois plombes à être présentés, mis en relation, et c’est toute la première heure du film qui y passe.

Ne reste alors qu’une heure pour nous vendre ce pour quoi on est venus : le vol des plans de l’Etoile de la Mort.

Et là, il y a du bon, comme les scènes de bataille, du pas bon comme l’utilisation des personnages (ne serait-ce qu’une phrase du gros bourrin à l’héroïne, l’appelant « petite sœur », alors qu’ils se sont échangés trois syllabes depuis le début du film à tout casser) et du carrément jouissif avec les apparitions de Vader.

Le problème, c’est que la première heure a tout flingué. Cette première heure où tu ne t’attaches pas aux personnages, où tu te branles des enjeux, où t’as envie de gueuler « OH COME ON » lors des passages tires-larmes à la con.

Ben voilà, ce qu’il arrive aux persos, tu t’en fous, comment ils obtiennent les plans, tu t’en fous, le côté bien fichu des batailles, tu t’en fous aussi, tu veux plus que sortir de la salle ou voir le méchant crever dans sa merde.

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Ajoutez à cela une utilisation des effets spéciaux sur certains personnages qui m’a un peu fait mal au cœur, et vous obtenez un cocktail qui n’a eu, à mon goût, rien à faire dans la saga. Alors, oui, c’est un spin-off, on nous avait prévenu, gna gna gna, n’empêche que l’ADN n’est pas là, l’humour n’est pas là, la musique n’est pas là, l’épique n’est que très peu là.

Les seuls moments de pur plaisir ne sont apportés que par des éléments déjà installés par la mythologie Star Wars (des visages connus, des vaisseaux connus).

J’avais entendu dire que, pour ce Rogue One, l’équipe créative s’était inspirée de films comme les Douze Salopards, soit un de mes films de guerre fétiche. Des Douze Salopards, je crois qu’ils n’ont pas retenu grand-chose, si ce n’est qu’à quelques moments, ça fait « pan-pan ».

Tout ça, pour ça, maintenant filez-nous le VIII qu’on puisse passer à autre chose.