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Vous vous souvenez de Duke Nukem Forever ? Du temps qu’il a fallu pour le voir paraître ? Je me rappelle d’avoir découvert ce nom dans un Playstation Magazine de la fin du XXème siècle. Tout ça pour arriver à la déception que l’on connaît.

 Alors, quand on vous parle de S.O.S. Fantômes 3 dont l’ombre rôde depuis des années, dont le scénario serait fini, puis non, puis oui, avec Bill Murray, sans Bill Murray, oh et puis si, finalement- … tout ça, pour enfin accoucher d’un reboot, qui a fait couler de l’encre avant même sa sortie parce qu’il avait l’audace de présenter une équipe feminine, ben, ça s’annonce mal.

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 Maintenant qu’il est dans les salles, en revanche, on va pouvoir se lâcher. Alors Duke Nukem Effect ? Verdict.

 Faisons fi des fantomatiques fioritures par un aphorisme formel : ce Ghostbusters est sympa comme tout.

 Rapide état des lieux : Erin Gilbert (Kristen Wiig) est en passe de devenir titulaire dans une université prestigieuse dirigée par M. Lannister Senior (Charles Dance, donc). Léger problème : un livre, qu’elle croyait définitivement disparu, écrit par ses soins à quatre mains avec une ancienne amie, Abby Yates (Melissa McCarthy), refait surface et pourrait nuire à son ambition. Faut dire que ce livre traite le plus sérieusement du monde de fantômes et de paranormal. Ni une, ni deux, elle se jette dans le premier taxi pour retrouver sa copine et lui demander de stopper la publication.

 A partir de là, le scénario se met en branle et on a tôt fait de se retrouver à chasser des fantômes à quatre, en ajoutant Jillian Holtzman (Kate McKinnon) et Patty Tolan (Leslie Jones).

 Reprenant quelques éléments de l’épisode originel, tout en s’appuyant sur un scénario inédit, Paul Feig livre une double déclaration d’amour.

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 A la mythologie tout d’abord, la cuvée 2016 livre ce qu’on est en droit d’attendre : du fun, des fantômes et des clins d’yeux. A ce sujet, on a droit à une belle foire aux caméos, un très chouette cadeau fait aux fans de la première heure.

 Les fantômes ont droit à un traitement XXIème siècle, évidemment plus avancé qu’il y a 30 ans. Un vrai festival disco de bleu, violet, rose, vert, on a presque envie d’en devenir un, en fait.

 Quant à l’humour, il y en a beaucoup, plus que dans les années 80, à mon avis. Ou tout du moins, plus percutant et, forcément, plus actuel (Feig reste un pote d’Appatow, je rappelle).

 Ghostbusters est d’une loufoquerie assumée qui rappelle par moment les comédies signées Abrahams et Zucker, notamment par le biais d’un Chris Hemsworth en roue libre qui joue totalement de sa stature de sex-appeal ambulant avec beaucoup d’autodérision. Un vrai régal pour les fans (et les détracteurs) de Thor qui ne s’épargne aucune imbécilité.

 Chris n’est pas le seul embarqué dans cette galère et nos quatre héroïnes seront les actrices et victimes de pas mal de gags, mention spéciale à Erin.

 Ceci nous amène à une seconde déclaration de Feig : celle d’un amour porté aux femmes. Evidemment, on le savait, nos Ghostbusters ont changé de sexe en 30 ans et c’est peut-être la meilleure idée qu’on ait pu proposer pour un reboot. Chacun de ces personnages possède une personnalité bien tranchée et un équilibre est à peu près atteint. Même s’il y a une prédominance d’Erin et Abby, Holtzman et Patty ne sont pas en reste. La première est probablement mon personnage préféré. Totalement dédiée à sa science, mais aussi carrément barrée, elle représente une espèce d’Egon qui aurait abusé d’une décoction de champignons hallucinogène, j’adore (et elle a la meilleure scène d’action du film, entre autres). Patty est la caution « street-comic » (ça existe ? Non ?) de la bande avec son swag et son débit de mitraillette.

 Bien que confronté à l’ère Youtube qui crie au fake à tout va, le quatuor ne se laisse pas démonter et persévère tout au long du film jusqu’à à atteindre un final rempli de jolies lumières et de délires en tous genres. Le traitement des hommes est savoureux au possible ; lâches, crétins, mesquins, menteurs, aucun n’est épargné mais tous se heurtent à l’Ecto-1 de nos héroïnes qui déchirent.

 J’ai passé un très bon moment, je me suis marré, j’ai frissonné de plaisir, Ghostbusters est une relecture moderne du mythe, qui ne renie aucunement ses origines, mais sait se parer de nouveaux bijoux. Son échec commercial est en soi une petite catastrophe, les critiques Presse étant pourtant unanimes sur sa qualité par rapport à ce qu’on craignait.

 Une suite semble désormais être écartée, et ça me paraît d’autant plus dommage que les actrices avaient signé pour trois films potentiels. Un triste gâchis qui aurait tout de même pu déboucher sur un Ghostbusters 2 meilleur que le 2 des années 80 (c’est pas difficile).

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Reveneeeeeeeez

P.S. : Si tu as vu l’allitération du premier coup, bravo, c’est que tu m’as lu.

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