En l’an de grâce 2007 sortait un nouveau RPG spatial made by Bioware, KOTOR 3, pardon, Mass Effect.

 Auréolé d’une gloire méritée, le studio présentait donc une nouvelle licence, qui partait avec le désavantage notable de ne pas comporter le moindre sabre-laser. Pourtant, près de dix ans plus tard et alors que sortira dans l’année à venir le quatrième opus, on peut clairement dire que Mass Effect a marqué la génération précédente de consoles.

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 Ce n’était cependant pas gagné d’office, me concernant. J’ai fini Mass Effect 1 à l’époque avec un goût amer en bouche.

L’univers était pourtant riche, les races variées, le lore étoffé, les personnages charismatiques… Sauf Shepard. Véritable coquille vide, le héros semblait réellement n’être qu’un pantin perdu dans la galaxie, aux commandes duquel le joueur ne se sentait pas forcément impliqué.

 La faute à une réalisation mollassonne, une histoire sans relief, un gameplay criblé d’arthrose, un jeu n’excédant pas la dizaine d’heures en ligne droite (une honte pour un prétendu RPG) ; et des lignes droites, il n’y a d’ailleurs que ça puisque Mass Effect n’est qu’une succession de couloirs même pas forcément jolis.

 Bon. Ça, c’est dit. Pas forcément emballé à l’idée de jouer aux suites, j’avais bien entamé le deuxième sans conviction et l’ai laissé rapidement tomber pour aller voir ailleurs jusqu’à ce que Madame et Monsieur Effect me relancent sur cette trilogie après que l’un ait eu l’audace de dire qu’elle était un cran au-dessus de The Witcher 3 (aka un des meilleurs jeux du monde entier).

 Forcément, ce nom de famille curieux n’était pas un hasard et aurait dû me mettre le krogan à l’oreille, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ils l’avaient choisi en l’honneur de la saga de Bioware (MIND BLOWN) !

 Voyez plutôt ces témoignages poignants :

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Vous noterez qu’Alex ne fait aucun effort.

 Bref, devant ça, pas le choix : mon honneur en jeu, je me devais de rendre à Mass Effect la place qui lui était due.

 C’est donc avec une volonté inébranlable que j’ai recommencé depuis le début et – j’en suis le premier surpris – mon avis sur le premier Mass Effect… n’a absolument pas changé.

 J’ai pourtant voulu faire les choses bien, me remémorer avec précision l’aventure (il s’avérait que je n’avais oublié qu’un passage sur une planète mais aussi la maniabilité effroyable du MAKO, quelle purge), mais rien n’y fit. Je resterai donc un éternel réfractaire du premier épisode.

 EN REVANCHE, je me prosterne devant les deux d’après. Bioware a énormément appris du premier, en a conservé ses atouts et a réussi à gommer quasiment tout ce qui le plombait. Exit l’infernal MAKO, exit la durée de vie ridicule, exit le Shepard trop plat. Bon, on garde les couloirs (on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a), c’est pas bien grave, mais on refond le système de combats pour le rendre plus dynamique et nerveux.

 Ajoutons des dialogues plus riches et réalistes (enfin des gens qui poussent des jurons, putain !), un Shepard bien plus percutant et vivant, des alliés plus creusés, une histoire sombre et captivante…

 Mass Effect 2 est une réussite totale, prenante de bout en bout, et tirant adroitement partie des choix effectués dans le premier épisode. On aurait pu penser que ces fameux choix n’aurait qu’un impact minime voire ne serviraient à rien (à l’instar d’un certain The Walking Dead). Mais il n’en est rien et les quelques choix aussi anodins soient-ils qui nous sont présentés pourront trouver un écho jusque dans le troisième épisode.

 Ce qui nous amène donc à l’apothéose Mass Effect 3, encore un cran au-dessus du 2 dans son déroulement, son gameplay et son moteur rajeuni ainsi que sa mise en scène, il ne pêche peut-être que par son final que j’aurais imaginé différent. Le parcours effectué depuis le 1 est immense au point tel que ME3 n’est plus tellement à considérer comme un RPG mais bien comme un TPS.

 Il clôt efficacement une histoire qu’on a pris plaisir à suivre et fait d’Andromeda un des jeux principaux à attendre de 2017 (de toute façon, je n’en attends que 3, donc ça ne me coûtera pas trop cher). Vivement.

 Big up à Tali.