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Alors là, j’avoue que je ne sais pas comment débuter cet article. Hier soir, j’ai vu Batman V Superman.

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 Franchement, j’ai tellement d’idées en tête que les agencer me semble mission impossible. Alors, pas de grande phrase, je vais faire de mon mieux pour vous donner un avis, bien évidemment sans spoiler.

 Zack Snyder ne manque pas de cran. On lui reproche un certain nombre de choses, méritées parfois, mais on ne peut nier la prise de risque dont il marque chacun de ses films.

 Man of Steel, décrié, boudé, incendié, se parait d’un discours mystique pourtant pas inintéressant. Il était certes plombé par quelques maladresses (ce sérieux papal propre aux productions Nolan en tête) qui le desservaient face aux productions Marvel. Pour autant, je peux affirmer avoir passé un bon moment.

 L’avoir vu est d’ailleurs un énorme avantage quand on entame la vision de BvS. C’est une évidence que j’avance là, vous me direz. Je la souligne car elle est vraie à plus d’un titre : primo, c’est la suite de l’histoire (on le savait), deuxio, c’est la continuité du parti-pris de Snyder (c’était déjà moins évident).

 Alors qu’est-ce que ça veut dire, ce charabia ?

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 Ça veut dire que, comme la bande-annonce le montrait, le film s’ouvre (outre sur une séquence vue et revue que je laisserai de côté ici), sur la fin de Man of Steel, mais du point de vue humain. Plus précisément du point de vue de Bruce Wayne qui assiste impuissant à une lutte qui le dépasse, et qui va le décider à se préparer pour affronter Superman.

 L’idée en soit (bien qu’elle chagrine mon petit cœur) est excellente, parce qu’elle amène une réflexion que Marvel a gentiment laissé de côté pendant un moment : l’impact des grosses bastons quasi divines sur l’humain.

 Et Snyder n’y va pas par quatre chemins, impossible qu’une ville soit la scène d’un combat entre forces démesurées sans qu’il y ait des dégâts collatéraux ; et c’est précisément le point de départ d’un film qui s’inscrit dans cette mouvance post-11 septembre du cinéma américain.

 Le ton est ainsi donné d’entrée de jeu et reste dans la continuité des productions DC depuis 2005 : on n’est pas ici pour rigoler. Chacun appréciera ou non cette vision des choses et surtout du personnage de Superman.

 On vit dans un monde dur et cruel où un individu à l’image messianique pour les uns représente un danger potentiel pour les autres.

 « Les autres », outre Batman et l’éventuelle opinion publique, ce sont une élue inquiète et un Lex Luthor pop-rock aux tics irritants.

 Cela me donne l’occasion de m’attarder sur les personnages, donc. Commençons donc par Lex dont l’incarnation par Jesse Eisenberg ne m’a pas paru ultra pertinente. Ok, l’acteur fait son job, mais le personnage en lui-même est agaçant, illuminé (et à mille lieux du Luthor que je connais, mais passons).

 Le Superman de Cavill reste sobre et ne cause pas beaucoup, une légère frustration de ce côté-là, tant il m’a toujours semblé plus léger dans les bds. Auréolé de cette impression christique déjà vue dans MoS, le personnage semble intouchable, divin.

 Restent les deux membres de la Trinité, dont on attendait avec impatience l’apparition. Gal Gadot m’a bien plu, et ses passages m’ont suffisamment convaincu pour me donner envie de voir le film Wonder Woman.

 Bon, allez, mais qu’en est-il de notre Batman ? Le verdict en DLC.

 …

 …

 Allez, vous m’êtes sympathiques, d’accord.

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Je pense d’ores et déjà qu’on ne sera pas tous d’accord sur la question, mais Ben Affleck fait un excellent Bruce Wayne et un bon Batman. J’avais déjà été très convaincu par son costume que je préfère 100 fois à celui du Batman Nolanien, mais une fois le tout en mouvement, on assiste aux agissements d’un Batman plus extrême que ce à quoi on a été habitué. Il ne va pas plaire à tout le monde du tout.

 Une sorte de croisement entre le Batman de 1989 et celui de 2005, dont je ne peux pas trop parler sous peine de trop en dire, et que je ne saurais classer (même si Keaton>all, merde).

 Disons simplement que cette version-là est dans la partie depuis 20 ans, qu’il est énervé, équipé ET expérimenté. Ses séquences de combat sont brutales et bien mieux fichues que chez Nolan (qui s’en foutait ouvertement, soyons honnêtes), et j’ai réellement apprécié que ça soit Snyder derrière la caméra sur ce coup.

 Son entrée en scène m’a fait forte impression, tout autant qu’une petite partie de chasse en Batmobile où il fait l’étalage de toute sa différence avec ses incarnations précédentes (n’oublions pas que Snyder a fortement cherché son inspiration chez Frank Miller).

 Il est accompagné dans sa tâche par un Alfred tout en cynisme et en ironie, campé par Jeremy Irons moins pédagogue que Michael Caine, mais soutien indéfectible. De toute façon, j’adore cet acteur, vous ne m’aurez pas.

 Bref, il me tarde de voir un film centré sur Batfleck, tant le personnage m’a semblé réussi.

 Alors, c’est ça, ce film ? Un Lex Luthor faiblard, un Batman réussi et le reste passe ?

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 Bien évidemment, non. BvS est très inégal et ne plaira pas à tout le monde.

 Le film est trop long et met trop de temps à se mettre en place. Il s’accompagne de lourdeurs dispensables (franchement, existe-t-il UNE personne sur Terre qui n’a jamais entendu parler de l’origine de Batman ?) et court peut-être trop de lièvres à la fois : être la suite de MoS, installer et valider un nouveau Batman (le défi, huhu.), installer une Wonder Woman, la relation Lois/Superman, les manigances de Luthor (parfois mal scénarisées d’ailleurs).

 Et surtout, il s’affranchit paradoxalement du modèle dont il s’inspire, ce que les lecteurs ne pardonneront pas forcément.

 Pour autant et quoi que les gens en disent, Snyder, j’insiste-j’insiste-j’insiste, a réussi à placer quelques idées très couillues dans ce film. Des choses que les producteurs et DC ont peut-être eu du mal à avaler. Mais surtout, des choses qui distinguent clairement ce film des productions Marvel. C’est bien essayé, c’est pas toujours adroitement réussi. Mais rien que pour cet essai, le film vaut de s’y intéresser, en attendant de voir Suicide Squad prochainement et les éventuels dérivés à venir.

 Il est clair que DC parie gros avec ce Batman V Superman, malgré ses faiblesses évidentes, qui en rebuteront plus d’un, je lui souhaite malgré tout un succès suffisant pour enchaîner avec d’autres productions plus abouties.

P.S. : Tiens, j’ai oublié de parler de la musique. C’était pas mal. Même si, comme souvent avec Zimmer, il va me falloir une deuxième écoute pour dissocier un peu les thèmes.