Quand en 1895, les frères Lumière tournent Sortie d’Usine, se doutaient-ils qu’ils ouvraient la voie à un medium désormais incontournable qui a vu fleurir énormément d’œuvres ? Parmi celles-ci, le genre de l’action-movie a connu des pépites à voir et à revoir (pour toujours et en famille), sans en faire une liste exhaustive, citons quelques têtes d’affiche : Rambo, Terminator, Robocop ou encore Die Hard.

 Bon nombre d’acteurs resteront à jamais accolés à ce genre. Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Jean-Claude Van Damme ou l’indétrônable Chuck Norris seront pour toujours les gros bras fétiche d’un genre qui ne faiblit pas et a récemment eu droit une chouette déclaration d’amour avec les Expendables (dont je n’ai vu que le premier, faut que je me rattrape !).

 C’est avec cette même affection que des développeurs ont eu un jour l’idée de créer Broforce. Sorte de Metal Slug-like basé sur ces films à l’aura internationale et connus de tous.

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Pour être tout à fait honnête avec toi, lecteur, je ne me suis intéressé à Broforce que grâce au Playstation Plus qui le propose gratuitement en ce mois de mars. Et grand bien m’en a pris !

 Grand amateur de film d’action et d’aventure, j’ai été biberonné au Piège de cristal, James Bond et autres Indiana Jones jusqu’à aller découvrir de moi-même un genre qui ne faiblit pas en quantité (même si la qualité n’y est pas toujours…). C’est donc avec une joie énorme que j’ai pu découvrir le concept du jeu : dans un platformer en 2D pixelisée, l’Amérique envoie aux quatre coins du globe ses soldats aguerris et musclés, la Broforce, issus tout droit de ses plus gros blockbusters des années 80 à 2000.

 En l’espèce, il s’agit évidemment de versions parodiques et ultra bodybuildées de personnages cités plus haut, auxquels on a ajouté une quantité astronomique de compagnons d’armes.

 De Rambo à Highlander, en passant par Néo de Matrix, la Mariée de Kill Bill, Ripley d’Alien ou Léon du film du même nom, on a l’impression que les développeurs ont ratissé large, sans oublier quoi que ce soit. La caution testostérone est présente jusque dans la voix off qui te beugle dans les oreilles « GO GO GOOOOOO ! » en début de mission ou qui nomme les ennemis un peu coriaces.

 Dès le début du jeu, le ton est donné, notre personnage n’a visiblement plus de chewing-gum et est là pour bourriner des gueules et péter des culs. Deux problèmes se présentent rapidement à nous.

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Ca ne se voit pas, mais Bro Hard ci-dessus n’a pas de chaussures. J’adore le sens du détail.

 

 Le premier : en face, ils sont parfois aussi énervés que nous (sauf qu’ils sont plus nombreux). Les ennemis disposent d’une armée variée, tireur lambda, soldat kamikaze qui court vers toi pour te faire un câlin fatal, lance-roquette, gros mitrailleur qui pique, et bien évidemment tout un fatras de boss massifs et peu amicaux (mention spéciales aux vers squelettes qui m’ont bien pourri mon groove).

 Le deuxième : tout beau et fort que soit ton personnage, il n’a qu’un HP. Bref, un tir essuyé, une explosion, une chute malencontreuse, un bloc de ciment qui tombe, c’est la mort assurée.

 Mais point de panique, si le jeu se veut parfois taquin, il nous laisse des armes : quelques checkpoint sont disséminés tout au long du niveau, ainsi que des prisonniers à débusquer qui s’avèrent être des bros. Ces bros délivrés sont autant de vies disponibles en cas d’échec, mais aussi de façons de jouer !

 Au bout du compte, il y a une trentaine de personnages disponibles (choisis aléatoirement par le jeu), avec chacun ses spécificités, défauts et qualités. Et il y a vraiment de tout pour ravir (ou pas) le joueur, du corps à corps avec Blade, du lance flamme avec Mister T, du gros fusil qui fait très mal avec Mad Max… Auxquels on ajoute une capacité spéciale (et limitée) distincte par personnage. McGyver dispose d’une grosse dinde truffée d’explosifs qui attire les ennemis aux alentours, Néo peut renvoyer les projectiles, etc.

 Cela donne un atout et une saveur particuliers à chaque niveau qui se jouera de façon sensiblement différente suivant le personnage. Hors de question de taper dans un bidon qui risque d’exploser si on est avec Blade, alors que Rambo peut tout à fait le faire péter à distance avec sa mitraillette.

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Tu le sens, l’épique?

 

 Puisqu’on en est au gameplay, signalons que les bros peuvent sauter, s’accrocher aux murs et grimper avec un couteau (ces warriors), sprinter pour sauter plus loin et surtout… TOUT DETRUIRE. That’s right. Les décors sont, dans leur globalité, intégralement destructibles. Cela permet de passer sous des ennemis qu’on souhaite éviter, s’abriter en cas d’attaque un peu démesurée (coucou les boss), mais cela s’avère aussi à double tranchant pour atteindre la suite d’un niveau, surtout parce que les ennemis peuvent le détruire aussi. Il m’est arrivé deux fois de devoir recommencer parce que je ne pouvais pas sauter assez haut pour atteindre une échelle ou une plate-forme décisive. Attention, donc !

 Au rayon des choses malheureuses, ce n’est de toute façon pas le pire, puisque le jeu (ou ce portage en particulier ? Je n’ai pas joué à la version d’origine) se pare de deux défauts pouvant faire bisquer. Tout d’abord, le jeu ralentit parfois (grosses explosions, beaucoup de monde), si c’est bien évidemment casse-pied (une bouillie de pixels qui rame sur PS4, mais enfin), rien de comparable avec le deuxième point : le personnage s’arrête parfois une seconde.

 Concrètement : ton bro avance, tu sautes un obstacle, tu veux continuer à avancer, mais non, le personnage reste coincé. Il faut appuyer à nouveau sur la touche pour qu’il se décide à bouger. Inutile de vous faire un dessin, en cas de feu nourri ou de fuite éperdue, un tel défaut de programmation est synonyme de décès ou de sueur froide.

 Sur un titre qui ne fait pas forcément de cadeaux niveau difficulté, c’est quand même abusé, mais pas de panique, on survit et on voit le bout d’une aventure relativement longue (pour le genre) mais qu’on a du mal à lâcher. J’ai eu un souci de sauvegarde après un jeu en ligne qui m’a fait tout reprendre depuis le début, mais le jeu (en normal) se plie en une après-midi motivée (avec une insistance marquée sur certains passages/boss plus corsés que d’autres).

 Hormis ces quelques points, Broforce se présente comme un titre vraiment très chouette et complété par un mode en ligne aussi bordélique qu’on peut l’imaginer. J’ai cru comprendre qu’il y avait un créateur de niveaux sur PC, je trouve dommage qu’ils en aient fait l’impasse sur PS4, tout comme il aurait été appréciable de profiter de l’extension Expendabros. Mais quoi qu’il en soit, pour un jeu gratuit, on ne va pas non plus s’insurger, il est vraiment à essayer et à adopter ! Rien que pour l’amour de ce genre et des acteurs qui lui ont donné son aura.

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