Dans les années 90, mes parents m’ont initié à Lucky Luke, puis à des films comme Silverado ou les Sept Mercenaires. C’était le départ d’une curiosité naturelle pour le Western qui a trouvé son apogée plusieurs années après quand j’ai découvert quelques pépites savoureuses de Sergio Leone et Clint Eastwood (L’Homme des hautes plaines ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ <3).

 Parallèlement à cela, je n’ai été mis devant un film de Quentin Tarantino que très tardivement, dans la deuxième moitié des années 2000. Auréolé de l’image hyper-violente que j’avais de lui, je m’étais toujours tenu à l’écart de ses productions jusque-là. Il s’agissait de Pulp Fiction. J’ai pu me rendre compte avec ce film que la réputation de Tarantino, si elle me semblait plutôt confirmée concernant la cruauté de ses personnages et de son univers, n’était clairement pas usurpée en ce qui concernait la qualité de ses plans, de ses montages et de ses dialogues.

Quelques expériences plus tard (j’aurai vu à ce jour tous les films qu’il a réalisé à l’exception de Boulevard de la Mort et Les 8 Salopards), j’ai pu me forger un avis qui n’a pas franchement évolué. Je salue le cinématographe, je vomis le violent. Reservoir Dogs m’apparaît comme le film le plus représentatif de son œuvre, alliant construction et mots mémorables mais violence gratuite et dispensable.

Avec Django, Tarantino a voulu faire une incursion dans un genre cinématographique que j’apprécie, donc. C’est du coup avec cette appréhension de la boucherie à venir, mais la certitude de trouver l’amour du western que j’ai entamé le visionnage. Avis sans spoilers.

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Tout d’abord, rapide mise en contexte. L’histoire suit les aventures de Django (Jamie Foxx), ancien esclave évoluant dans les Etats-Unis du milieu du XIXème siècle. Celui-ci est pris sous l’aile du Dr. King Schultz (Christoph Waltz), chasseur de prime de son état. De là découlent quelques péripéties dont je ne piperai mot mais qui leur feront croiser un riche propriétaire d’esclaves, « Monsieur » Candie (Leonardo DiCaprio).

Au regard de mon expérience passée avec le cinéaste, Django m’a semblé très à part dans la filmographie de Tarantino. Là où un Pulp Fiction ou un Reservoir Dogs (encore eux) s’apparentent presque à une succession de scénettes. Django est un véritable film d’aventures. Toutefois, il s’agit d’une aventure qui ne manque pas de moments dérangeants. Tarantino n’hésite pas à montrer les actes de racisme dans leur cruauté la plus infecte et c’est ce qui m’aura le plus gêné au cours du film.

Alors, concernant ce point, je suppose qu’on ne peut pas prendre un héros afro-américain esclave sans évoquer le sujet, il y a un cahier des charges à respecter. Je trouve juste que, comme à son habitude, le réalisateur n’y va pas forcément avec le dos de la cuillère sur le sujet même si, et je tiens à le souligner, on jurerait qu’il s’est assagi avec ce film.

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En l’espèce, on sent que Django se veut plus grand public (peut-être dans le but de donner du grain à moudre aux amateurs de westerns, qui n’ont plus grand-chose de neuf à se mettre sous la dent), la violence exercée tout au long du film n’est plus aussi visuelle que ce à quoi on a pu être habitué (coucou Kill Bill) et en devient même parfois comique (par exemple, j’ignorais qu’une balle pouvait faire jaillir des litres de sang à la façon d’une briquette de sauce tomate qu’on exploserait au marteau).

On ne trouve d’ailleurs pas de l’humour que dans certaines de ces scènes (les dernières fusillades du film savent se montrer hilarantes) mais également tout au long du métrage, et principalement grâce au Dr. Schultz qui profite de son interprétation par l’immense Christoph Waltz. Je dois dire, à mon grand regret, que je n’ai vu cet acteur que dans 4 films, en comptant celui dont je vous parle. Mais chacune de ses interprétations m’a suffisamment marqué pour que je me dise qu’il était l’atout principal du film dans lequel il a joué. C’est le cas de l’ennuyeux Big Eyes, c’est le cas du sous-Skyfall SPECTRE, c’est aussi le cas de l’oubliable (pour ma part) (pardon aux familles) Inglorious Basterds.

Christoph Waltz est la force principale du film qui trouve en Leonardo DiCaprio (toujours à 100 %) un partenaire de jeu aussi à fond que lui. Le Dr Schultz rentre totalement dans cette catégorie de personnages charismatiques dont on regrette de ne pas en voir plus et le charisme qui émane de Waltz en fait le pilier central de ce film, bien plus que Django qui en est pourtant le protagoniste, mais reste assez peu intéressant sauf réellement dans la dernière demi-heure (pour un film qui dure 2h45, il était plus que temps).

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Je m’aperçois que je n’ai pas grand-chose de plus à en dire. Tarantino livre ici un hommage au genre couronné (à mes yeux) par Leone du western-spaghetti, avec (quand même, putain), la participation d’Ennio Morricone sur une piste, cerise sur le gâteau de la consécration. Si on excepte ses travers sur la cruauté humaine dont le réalisateur ne se départira visiblement jamais, Django me semble être un des films les plus abordables du monsieur avec Jackie Brown.