Les super-héros et les jeux vidéo, c’est une longue histoire d’amour pas toujours heureuse. Peu de titres ont su conquérir le cœur des joueurs, à part éventuellement Spider-Man 2 et Ultimate Spider-Man qui, malgré quelques faiblesses (graphismes pour le premier, répétitivité), sont restés pendant un moment les maîtres-étalons du genre.

 Parmi toutes ces productions, Batman a un peu souffert, certes pas autant que Superman mais assez pour qu’on ait envie d’oublier Batman Forever, Dark Tomorrow, Begins ou même Batman & Robin (faut dire que vu le film dont il est tiré…) qui, pourtant, avait d’excellentes idées de base. Un jour, cependant, Batman – Arkham Asylum a été annoncé sur la génération précédente de console.

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 Et, avant d’aborder Arkham Knight qui nous intéresse aujourd’hui, c’est par là que nous allons commencer. 

Développé par Rocksteady (inconnus au bataillon en ce qui me concerne, à cette époque), les premiers éléments laissaient présager le meilleur du meilleur ; d’autant plus que Paul Dini était aux commandes du scénario.

 Pour rappel, Paul Dini est responsable de ça :

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La série animée Batman des ’90. Comment faire mieux?

Voilà, voilà. On est donc d’accord pour dire que ça va poutrer grave.

Et effectivement, Arkham Asylum a été un véritable chef-d’œuvre maîtrisé de bout en bout. On a clairement l’impression de jouer à une version mature de la série animée de notre enfance. Le seul et unique bémol à mon sens : Richard Darbois n’est plus Batman. Remplacé par le doubleur d’une des nouvelles séries du moment, on a tôt fait de mettre la console en VO pour profiter de l’extraordinaire doublage de Kevin Conroy qui campe un Batman hyper-charismatique cloîtré malgré lui dans l’asile d’Arkham face à un Joker qui dépasse l’entendement, derrière lequel se cache le formidable Mark Hamill, ayant pris le contrôle des lieux.

Fort de cette expérience unanimement saluée, Rocksteady nous propose quelques temps plus tard une suite : Arkham City. Comme son nom l’indique, le terrain de jeu se veut plus grand. Quelques ennemis emblématiques gardés sous le coude font leur première apparition, d’autres reviennent, on a la possibilité d’incarner Catwoman à quelques moments du jeu…

Bref, les développeurs visent plus haut et le contrat est en partie réussi. Malheureusement pour lui, Arkham City souffre, de l’avis général, d’une histoire très faiblarde, d’une durée de vie étirée artificiellement et, me concernant, d’un twist final absolument répugnant. Les dernières heures de l’histoire nous amènent à une triste constatation : Rocksteady a décidé de créer sa propre storyline, nous ne sommes plus dans une aventure qu’on aurait pu considérer comme canonique, et ça m’est longtemps resté en travers de la gorge, malgré les qualités évidentes du jeu.

Je saute volontairement l’épisode Arkham Origins. Il est loin d’être mauvais, mais n’apporte pas grand-chose à la saga, n’est pas développé par Rocksteady, contient une galerie de méchants peu mémorables et des boss très (trop) barbants à affronter, il est presque trop long, au final.

Cela nous amène donc à ce qui nous intéresse aujourd’hui : Arkham Knight, dont je vais vous parler sans spoiler. Ça va être compliqué, bordel.batman_vs_knight

 

 Léger avant-propos (purée, ça n’en finit plus) : je n’ai, à ce jour, pas fini le jeu à 100 % mais juste l’histoire principale. Il s’avère qu’il y aurait une deuxième fin une fois les missions annexes bouclées, mais je ne sais pas si j’aurai la patience d’aller jusque-là.

 L’intrigue est la suivante : nous sommes quelques temps après Arkham City, la vie a repris son cours, tout va bien. Mais évidemment, il a fallu qu’un guignol vienne semer le boxon. Ce guignol ? L’Epouvantail. Bien décidé à faire braire son monde, le bougre menace de balancer une toxine sur la ville et connaissant le bonhomme, on ne verra pas de licornes sur des arc-en-ciel avec.

 Ni une, ni deux, Batman apparaît, dans son moteur Unreal qui en jette énormément. Le jeu est splendide. Les effets de pluie sur le masque sont détaillés, superbes. Le jeu est fluide, la ville s’étend à perte de vue, le temps change, le vent fait battre la cape du héros qui décide enfin de sauter dans le vide et s’élance à la recherche du malandrin à bord de sa batmobile.

 Et voici la grande nouveauté du soft : on peut piloter le char d’assaut. Et d’entrée de jeu, la bête force le respect, puissance de frappe, vitesse, mobilité, grappin pour aller sur les murs… Je me la commande dès que j’ai suffisamment économisé (environ 100-150 ans, si on ne paye plus de loyer, de bouffe, d’activités extra-scolaires, de loisirs, à vue de nez).

Bien conscients de l’attrait que peut représenter la batmobile, Rocksteady a jugé utile de l’inclure… pour tout et n’importe quoi. Sérieusement, on se retrouve aux commandes de la voiture très fréquemment, peut-être trop, surtout quand il s’agit des défis du Riddler. Cela donne lieu à pas mal d’échauffourées avec les forces ennemies, ce qui est relativement répétitif, même si obligatoire dans le cahier des charges, on ne va pas raser tout le monde en une fois. L’intérêt reste toutefois assez sommaire passés les premiers affrontements, on connaît la musique (et on est d’autant plus frustré que la batwing est dans le coin et pourrait régler aisément le souci… Mais *tousse* on n’a rien vu, ce n’est pas grave)

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Bon, je râle sur la surutilisation de la batmobile, mais en même temps, Batman en aura fatalement besoin pour venir à bout d’un méchant à l’identité inconnue : le fameux Arkham Knight. Sorte de miroir ultra-militarisé de Batman, M. Knight ici présent est à la tête d’une petite armée de soldats et de drones qui n’ont pour ainsi dire qu’un seul but : nous faire la peau, le tout dans une alliance avec l’Epouvantail. Surprenant, non ?

Et évidemment, à l’instar d’Arkham City, le bazar ne serait pas complet sans une galerie de moules à gaufre pour en profiter. Par conséquent, en parallèle de la trame principale, quelques figures des épisodes précédents (Double-Face, le Pingouin, …) viennent ici tirer la couverture à eux dans des missions annexes.

De qualités inégales, ces enquêtes sont toutefois l’occasion pour Rocksteady de toucher la corde du fan-service en faisant intervenir Catwoman, Robin et d’autres lors de rapides phases de gameplay. Et ça fait toujours plaisir.

En parlant de terrain familier, aucune prise de risque dans le gameplay, et c’est tout ce qu’on attendait. Batman se laisse manipuler (coquinou) comme lors de notre première rencontre, on retrouve rapidement ses marques, même s’il faut désormais compter avec un bouton pour appeler la batmobile. Cela a pour impact direct de chambouler un peu nos réflexes au début, d’autant que le choix des gadgets se fait désormais dans un menu, ce qui ralentit passablement l’action, mais rien qui n’entache le plaisir de se retrouver à nouveau aux manettes.

 C’est ce plaisir qui témoigne de la qualité du titre, le gameplay solide et éprouvé de la série fait à nouveau des merveilles et se retrouve au service d’une histoire bien mieux menée que celle d’Arkham City, avec à nouveau des libertés (assez énormes, il faut bien l’avouer), même si quelques mystères restent prévisibles pour qui connaît un peu la mythologie Batman. Les développeurs se paient en outre le luxe d’incorporer une petite surprise rapidement dans l’histoire qui fait toute l’originalité du titre et le place très clairement au-dessus de City et Origins. Mais tout de même un léger cran en-dessous d’Asylum qui gardera à jamais pour lui le privilège de la nouveauté, le confort d’un huis-clos permettant un scénario plus prenant et un respect précieux du matériau d’origine.

Il ne me reste qu’à finir ces quêtes annexes pour enfin découvrir la fin supplémentaire d’un titre qui soulève plus de questions qu’il n’en résout (mais franchement, les missions à rallonge de dépeuplement des bases ennemis ou de court-circuitages de mines, ça va bien cinq minutes).

EDIT : Bon, j’ai rempli les conditions pour débloquer la deuxième fin… Qui s’avère cacher une troisième fin atteignable en finissant absolument tout (et donc les énigmes hyper casse-c* de Nigma). J’abandonne, c’est bien trop laborieux pour moi.

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Elégante surprise : le DLC Batman ’89. J’ai passé tout le jeu dans cette tenue. C’était parfait.