Comme la majeure partie des gens de mon âge, j’ai eu deux formidables baby-sitter quand j’étais môme : Dorothée du club du même nom et Isis de Récré Kids. Et comme toutes les bonnes baby-sitters, celles-ci m’ont collé devant beaucoup de dessins animés que Ségolène Royal réprouve.

Parmi eux, il y avait bien évidemment les Chevaliers du Zodiaque, avec ses morceaux de violence bienséante et son lot d’instants dramatiques sauvés in extremis par Ikki.

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Si cet animé a été culte pour de nombreuses têtes blondes, on s’accordera à peu près tous pour dire qu’il souffrait (entre autres choses) d’un doublage totalement foireux. Entre les traductions assez libres ou Shun qui a une voix de femme au début (sans compter certains doubleurs qui sautent parfois plusieurs épisodes), on a quand même été gâtés. Du coup, l’intérêt d’une parodie semble tout de suite acceptable, on sait d’emblée que ça peut difficilement être pire…

Et alors, mes petits amis, non seulement ce n’est pas pire, mais la Série Abrégée des Chevaliers du Zodiaque par StateAlchemist, reprenant l’arc du Sanctuaire, se paye carrément le luxe d’être meilleure que l’originale.

Ah! Je vous entends gronder. Oui, il s’agit d’une parodie très humoristique qui ne garde rien du côté dramatique ou épique du dessin animé de notre enfance, mais elle se distingue par une minutie énorme de la part de son créateur.

D’une part dans le montage du dessin animé en lui-même, qu’il a fallu réarranger plan par plan, mais aussi (et surtout) dans son écriture de folie.

Les jeux de mots et les blagues fusent à 100 à l’heure, les références aussi. Aux autres dessins animés, au manga Saint Seiya, à la musique, au cinéma, etc. StateAlchemist ne ménage pas sa peine et joue avec la série de base tout en lui rendant un hommage fervent, redressant le tir concernant le sexe de Mû, exacerbant le côté androgyne de Shun, la connerie de Seyar ou le ouin-ouin de Hyoga. Le tout « avec des chtiotes n’étoiles qui brillent et des effets pyrotechniques »… Pardon, je m’égare.

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Le bougre ne manque pas d’imagination et chaque épisode est l’occasion de traiter une maison. Les personnalités des chevaliers d’or sont excellentes et on voit au fil des épisodes se dessiner une plus grande maîtrise dans la manière de faire les choses. Les voix sont plus nettes et les musiques plus fréquemment utilisées, cela s’ajoutant à ce génie débordant dans les dialogues.

Le tour de force du bonhomme étant d’arriver, à partir d’un épisode donné, à en garder la substance principale (affrontement entre chevaliers) tout en en faisant le théâtre de son humour renversant.

Et ceci, sur une « courte » série d’un peu plus de dix épisodes qui est d’une qualité quasi constante (j’ai bien quelques réserves sur l’épisode du Sagittaire, que je trouve plus faible que les autres, mais le Verseau et le Scorpion dégomment tout) et culmine sur un final d’une demi-heure!

En un mot comme en cent : inratable. Sérieusement, ne passez pas à côté.

Son seul défaut? Il n’y aura probablement pas de suite. Le travail demandé par épisode semble tellement chronophage que StateAlchemist préfère tester d’autres créations.

Pour découvrir les épisodes, rien de plus aisé, allez sur le site de CDZA en cliquant ici.