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Hier, je suis allé voir SPECTRE. Et comme à l’accoutumée quand je vais voir un film, je vous propose un petit article sur le sujet, sans spoiler, aucun.

Je me souviens encore des réactions lors de l’annonce du nom de l’acteur qui allait prendre la relève de Pierce Brosnan pour jouer James Bond. Daniel Craig. Un blond pour jouer Bond ? Mais enfin, madame, vous n’y pensez pas !

Mais pourtant si, Mme Broccoli y a pensé et l’a imposé, pour notre plus grand bonheur. Casino Royale est, encore à ce jour, une réussite totale. Craig campe un Bond savoureux opposé à un Mikkelsen formidable. Je pense pouvoir dire que Daniel est devenu mon 007 favori dès ce premier film.

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Et compte-tenu de mes goûts, ça se comprend : mon chouchou était Timothy Dalton jusqu’à lors (je suis une perle rare), et j’ai tout de suite apprécié de voir des similitudes de caractères entre les 2 Bond. Permis de tuer était probablement trop en avance sur son temps, mais reste un des meilleurs films de l’espion anglais. Craig n’aurait pas dépareillé dans le rôle-titre.

Bref, après l’excellent et salvateur Casino Royale (qui ne pouvait pas faire pire que Meurs un autre jour, de toute façon), vint le très médiocre Quantum of Solace, parsemé de maladresses avec notamment un méchant aussi nul que le précédent était bon, dont on préférera voir le dvd dans la poubelle que dans le lecteur.

Mais c’est le troisième épisode, Skyfall, qui remporte mon coup de cœur. Bien qu’encore très récent dans la mythologie bondienne, c’est celui que je préfère. S’éloignant définitivement du côté heartless de Sean Connery ou des clowneries de Roger Moore, Daniel Craig nous offre sa meilleure interprétation dans un film montrant un Bond torturé opposé à un Javier Bardem extraordinaire, le tout dans une aventure rythmée et prenante.

Et donc : comment succéder à Skyfall, qui a remporté un succès critique unanime ? Une première réponse ne tarde pas à arriver dans l’esprit des producteurs : reconduire le contrat du réalisateur. C’est donc à nouveau Sam Mendes qui s’y colle et ça augure déjà du meilleur. On garde naturellement Craig, sacré et consacré.  On laisse Adele tranquille, hélas. Mais on prend un autre gars qui fait le job correctement (mais sans atteindre la force de la chanson précédente, évidemment, elle va rester imbattable, celle-là). Ajoutez à cela le retour de quelques pointures (Ralph Fiennes, Naomi Harris, Ben Whishaw), l’arrivée d’autres noms bien connus (Christoph Waltz, Monica Bellucci, Léa Seydoux et David Batista), ça commence à faire un casting qui préfigure le meilleur.

Mais voilà, il faut pour cette séquelle une histoire à la hauteur du précédent, alors de quoi parle SPECTRE ? Grosso modo, de la découverte par 007 de l’organisation criminelle qui donne son nom au film et ses pérégrinations internationales pour en savoir plus.

Je n’en dirai pas plus, pour éviter dans dévoiler plus que nécessaire, sachez juste que dans la directe continuité de Skyfall, on se retrouve à arpenter quelques fines parcelles du passé de Bond, ce qui rend le personnage d’autant plus attachant (et rendra la séparation d’avec l’acteur larmoyante, le jour où ça arrivera, me concernant).

Daniel Craig remplit donc à nouveau parfaitement le job. Je n’arrive toujours pas à croire qu’on en soit à 4 films et qu’il ne lui en reste en théorie qu’un seul à faire. Il trouve des partenaires de jeux à sa hauteur tout au long du film. Parmi eux, Ralph Fiennes est très bon dans son rôle, il incarne un personnage beaucoup plus actif que ses prédécesseurs, et c’est très agréable ; Léa Seydoux m’a aussi convaincu, dans ce rôle divisé entre douceur et force de caractère (elle incarne à mes yeux une espèce d’écho au personnage de Vesper Lynd) ; enfin, Christoph Waltz est toujours égal à lui-même, il ne m’a finalement pas tant surpris que cela, même si ça reste un plaisir de le voir à l’œuvre.

Bon, je blablate, je blablate, mais faut-il aller voir SPECTRE ? Oui.

Toutefois, j’aime autant être honnête sur un point, il ne détrône pas Skyfall. Je l’ai trouvé à certains moments un peu longuet et pas toujours adroit dans la façon dont se déroule l’histoire. Malgré tout, ils forment un diptyque globalement solide, qui se veut l’écho et la somme des épisodes Craigiens (en faisant une légère impasse sur Quantum of Solace, d’ailleurs, qui n’est pas beaucoup évoqué, contrairement aux deux autres).

Même réalisateur oblige, on retrouve la patte. Les scènes d’action sont haletantes, la tension ne tarde pas à poindre le bout de son nez jusqu’à être très oppressante sous la forme d’un géant barbu et quasi mutique, les dialogues (sauf pour ce dernier, donc !) bien construits et ne manquent pas d’humour quand il en faut (British oblige, the best of the best), quelques paysages sont vraiment sympas et dépaysant… J’en suis même venu à me dire que Sam Mendes serait un choix tout indiqué pour faire un Indiana Jones.

Après évidemment, il y a quelques menues faiblesses, notamment dans certaines scènes ou ressorts scénaristiques qu’on jurerait tirés d’autres épisodes de la série. Un sentiment de déjà-vu… Cependant, le goût de réchauffé qu’on devrait ressentir est occulté par quelque chose de plus fort qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final. Autre point noir qui risque de lui attirer quelques critiques de la part de journalistes propres sur eux : il n’est clairement pas aussi fort que Skyfall. Je vous encourage prestement à ignorer ces critiques, on ne va pas voir un James Bond en espérant tomber sur un film des frères Dardenne. Et au-delà de ça, en 50 ans de carrière, l’agent 007 nous aura filé bien pire navet.

Il me semble même qu’on tient un des opus les plus solides de la saga, avec cette confirmation que James Bond a bien évolué depuis les années 60 et ce n’est pas plus mal. J’ai désormais deux appréhensions qui se profilent à l’horizon : qui va reprendre le flambeau si Sam Mendes et surtout Daniel (allez, je t’appelle par ton prénom, t’es mon buddy maintenant) arrêtent ? Et, plus curieusement, supporterais-je de revoir un épisode plus ancien après deux films aussi efficaces et novateurs ?