Étiquettes

,

HALTE.

Comme le dit très justement le titre de cet article, je compte parler de MGS5 et aborder quelques détails importants de l’histoire. Dans l’hypothèse où vous ne voulez rien savoir parce que vous voulez y jouer (fly, you fools), que vous ne l’avez pas fini (bon courage), ou que vous vous en foutez (je peux comprendre), je vous suggère de ne tout simplement pas cliquer sur « Lire la suite ». Sinon, ben, vous êtes grands, hein, vous lisez si vous voulez, vous êtes ici chez vous. Servez-vous donc un lait-grenadine.

MGS5

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins : Venom Snake n’est pas Big Boss. On se retrouve à incarner un illustre inconnu qui a subi de la chirurgie esthétique et une espèce d’hypnose qui lui fait croire qu’il est Big Boss.

Ce coup-fourré de la part de Kojima m’a remué plus qu’il n’aurait dû. Déjà, par rapport à la baffe Raiden de 2002, on se rend compte que Kojima est encore et toujours un gros troll. Vous vous souvenez comme l’existence du blondinet androgyne a été mal vécue à l’époque? Ben Kojima a du tellement s’en souvenir qu’il a décidé de récidiver le coup en pétant le 4ème mur comme un bourrin avec un semi-remorque.

Là où MGS2 permettait, selon son créateur, de pouvoir assister Snake en le voyant comme une légende, MGS5 ne propose même plus ce petit cadeau bonus et rend les moments qui semblaient épiques et historiques dans la mythologie Big Boss… caduques.

On nous promettait l’avènement du vilain pas beau Big Boss et la fin du preux Naked Snake. Mais tout cela n’est qu’un écran de fumée. Pour son tout dernier jeu de la saga, Kojima semble nous dire une nouvelle fois « allez vous faire foutre, je fais ce que je veux avec mes chev… avec mes jeux. »

Car en fin de compte, il n’est réellement question de Big Boss que lors d’une courte séquence à la fin (revivre le prologue m’a d’ailleurs passablement gonflé, je dois dire), complétée par quelques cassettes obscures. Cette fin arrive comme un cheveu sur la soupe et laisse plus de questions que de réponses.

Sans parler même que c’est la fin. J’ai du regarder sur Internet pour apprendre qu’il s’agissait réellement du ending. On ne sait pas ce qu’est devenu Eli et son Metal Gear (ou alors, il faut regarder du côté de la fameuse mission 51 disparue), Miller continue à nous parler dans l’oreillette alors qu’il a décidé de partir bouder à la fin du générique, aucun retour d’Ocelot qui se présentait pourtant comme une source de charisme latente.

Les personnages ont semblé sous-exploités par le nouveau système mis en place pour raconter l’histoire. Les cassettes coupent le rythme, Miller ne sert qu’à aboyer, menacer et être aigri (bon, il a les boules, on a compris, mais quand même), Venom Snake est assez mutique et finalement peu charismatique (même si c’est justifié par la pirouette scénaristique, on a l’impression que Sutherland était payé à la ligne prononcée). J’ai trouvé Skull Face très faiblard par rapport à d’autres méchants de la saga. Et encore maintenant, je ne comprends toujours pas son délire avec ce loup (masque de Zorro) autour des yeux. Genre, t’as une identité à cacher, mec? Reste Quiet qui, bien qu’avec peu de mots, a été mon personnage favori. J’aurais aimé qu’elle ne soit pas la caution perverse de Kojima, mais bon, j’ai pu l’habiller avec une tenue XOF par la suite et lui rendre un peu de dignité. Même Ocelot, comme je le disais plus haut, ne brille pas autant qu’attendu, jusqu’à être totalement absent après qu’on nous ai divulgué le twist final. On a une impression de rester sur notre faim. Faim qui n’est même pas assouvie par les quelques révélations finales contenues dans les cassettes (et oui, il faut se poser pour les écouter).

Bref, je m’éparpille et souhaiterais revenir sur un point : on nous avait promis le passage d’ange à démon de Big Boss, mais au final, il n’en est absolument rien. On ne sait pas du tout ce qui aura motivé Big Boss jusqu’à sa mort aux mains de Solid Snake (à part son envie de réaliser le rêve de The Boss). Qu’est-ce qui aura causé un tel revirement de personnalité jusqu’à en faire cet ennemi dont l’ombre plane sur toute la saga? C’est un sentiment de gâchis et d’amertume qui m’étreint, surtout après cette mission où on se retrouve contraint d’abattre nos propres hommes infectés. On les a recruté, on est censés être soudés, être leur chef, la raison de leur unité. Mais nous sommes confronté au terrible choix d’en sacrifier une poignée pour sauver la Mother Base au minimum, le monde par extension. Le tout avec Huey qui nous hurle qu’on est un monstre, et notre jauge d’héroïsme qui baisse à chaque nouveau meurtre.

C’était une mission primordiale pour expliquer le cheminement de la psychée de Big Boss. Sauf qu’il s’agissait de Venom Snake. Et d’un coup d’épée dans l’eau. En fait, au même moment Big Boss se dorait la pillule à Miami avec un cocktail à la main pour ce qu’on en sait.

D’où ma profonde déception sur ce MGS5 qui arrive au terme d’un jeu trop long et parfois même soporifique malgré quelques intenses moments de bravoure (le combat contre les Skulls après que l’helicoptère se soit écrasé, ou contre le Metal Gear, évidemment). Vraiment beaucoup trop dommage. On sent clairement un jeu dont l’ampleur aurait pu être toute autre. Peut-être que la pillule du Medic-Snake serait mieux passé s’il y avait eu une suite à cette fin en queue de poisson. Si Kojima avait exploré sa relation au véritable Big Boss par exemple?

Alors oui, on voit le clin d’oeil fait au joueur « tu voulais incarner Big Boss, tu croyais pas si bien dire ». Sauf qu’avec le recul, je préfère le traitement Raiden. Quitte à faire un jeu où le personnage principal ne parle quasi pas, autant faire un avatar personnalisé (comme on en voit les prémisses au début), qui se verrait confier des missions par Big Boss himself. Ouais, là, j’aurais pu adhérer à l’idée. Etre un soldat de Big Boss, puis un de ses fidèles lieutenants éventuellement, jusqu’à – pourquoi pas – devenir un ennemi quand on s’apercevrait qu’il pète une durite.

MGS5 aurait pu être énorme. Il n’est que sauvé par son gameplay parfait, celui-ci donne envie de relancer le jeu juste pour infiltrer une base, mais pas pour suivre une histoire très décousu aux enjeux rendus très flous.

En complément de ces quelques déceptions, je ne saurais trop vous conseiller de lire l’excellent article de Metalgearsolid.be qui a fait un vrai travail de fond et qui est de bien meilleure foi que le mien! Vraiment, hein, il est un peu long, mais il est passionnant. Il y est même question du masque de Skull Face dont je parlais plus haut. Ils sont bien sur ce site!