Étiquettes

, , ,

En ce vendredi 30 octobre 2015, j’ai fini la trame principale de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Compte-rendu de mon expérience sans spoilers, promis-juré.

Autant l’avouer tout de suite, je suis à ranger dans la catégorie des déçus du titre. Alors, certes, mon attente n’a pas toujours été optimale. Quand il a été annoncé, je me suis même dit que je ferai l’impasse dessus. Mais finalement, je n’ai pas su résister à l’appel du dernier jeu MGS estampillé Kojima.

1421312969-8730-card-communaute

Je rappelle, à ce titre, que Kojima fait partie de ces développeurs-dieux de ma jeunesse qui m’ont gaillardement poignardé le séant sans considération. Si j’ai su pardonner l’infâme affront Raiden et que j’ai appris à aimer le personnage (avant MGS 4, soyons clairs), j’ai senti veni le gros doigt d’honneur avec MGS 3 qui, non content de ne pas nous laisser jouer Solid Snake (encore), ne donnait même pas la suite de MGS 2. La véritable suite est arrivée avec MGS 4… Et un Solid Snake bon pour la maison de retraite et les couches pour adulte. La Trahison ultime.

Mais, allez savoir ce qui m’a traversé la tête, j’ai décidé de laisser une nouvelle chance à Kojima avec son Ground Zeroes qui a su m’attirer suffisamment pour me donner envie de voir Phantom Pain.

Alors voilà, on retrouve toute la force de Ground Zeroes qui résidait dans une refonte très appréciable du gameplay et une nouvelle mise en scène, dans un jeu beaucoup plus grand… Mais terriblement maladroit.

J’ai l’impression de me revoir en Terminale, devant une question de Philo. J’ai bien quelques idées qui me viennent, mais je n’arrive pas à les relier entre elles et je finis par faire n’importe quoi pour combler, en priant pour que mes (rares) bonnes idées suffisent à redresser le tir et éblouir mon prof.

Pour mémoire, j’ai eu 6 de moyenne toute l’année.

Kojima et son équipe semblent faire comme le petit Hibou face à sa copie : ils brodent de façon bancale un titre qui aurait pu briller de mille feux entre d’autres mains (ou avec plus de temps de développement, allez savoir).

Tout ce qui a été dit au sujet de ce MGS5 est ma foi vrai: le gameplay est aussi solide (Snake) que le déroulement de l’histoire est long et laborieux. Certaines missions principales ont des allures de missions bouche-trous totalement inutiles qui rallongent de manière artificielle une durée de vie démentielle.

Rendez-vous compte : j’ai beau avoir fini la trame principale, je n’ai fait que 45% du contenu du jeu. Naturellement, je ne me suis pas limité qu’à l’histoire, j’ai fait bon nombre de missions annexes, j’ai bien abusé du service R&D (même si je suis loin d’avoir atteint des sommets). Je n’ai clairement pas essoré le jeu, mais au bout de plus de 60h de jeu, je n’en ai de toute façon plus la moindre envie.

Et c’est le problème que j’évoquais dans un précédent TFGA, MGS5 s’avère être une sorte d’Icare qui a décidé de viser bien trop haut. La richesse de son gameplay se retrouve noyé dans une histoire qui prend des dizaines d’heures pour se dévoiler (je ne plaisante pas sur le « dizaines »), mettant ainsi à l’épreuve la patience du plus endurci des fans, dont je ne fais de toute évidence plus partie alors que MGS1 est un de mes jeux préférés, merde.

C’est peut-être ce tout dernier point qui clôturera ce court article : je suis un énorme mordu du tout premier MGS sur Ps1. C’est clairement un monstre mythique et sacré pour moi… Et totalement inégalé par ses suites qui, à mes yeux, s’éloignent beaucoup trop de l’oeuvre originelle, voire la massacrent (MGS4, c’est toi que je regarde).

MGS5 ne fait pas exception à la règle est propose un excellent jeu d’infiltration où les possibilités sont multiples et la liberté d’action appréciable. Mais c’est un MGS assez moyen qui ne tient pas les promesses de son auteur ou de son illustre aîné. Reste à voir ce que Konami compte faire de sa licence (même si on peut croire que c’est mal barré), surtout sans son fantasque géniteur aux commandes. 

Voilà. En complément de ce billet d’humeur (plus que réel article, je l’admets) je vous encourage très fortement (je vous obligerais bien, mais chacun sa liberté) à aller (re)lire ce qui a été dit sur le jeu par El Koala et Cinemax. Ils en parlent mieux que moi. Et si vraiment vous ne pouvez pas vous passer de moi (vous me flattez!), j’ai également écrit un article-spoiler sur le jeu par ici.