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Comme Alex se refuse obstinément à confier le thème de son prochain TFGA (allez donc voir ce vile gredin, il vaut le coup, malgré ce sinistre forfait), me voilà contraint de réfléchir pour écrire un article. La haine.

Dans la vie, il y a parfois un concours de circonstances qui vous fait prendre un chemin que vous n’envisagiez pas jusqu’à lors, pour des raisons diverses. Dans le cas présent, c’est une place de cinéma dont je disposais et dont je ne savais pas quoi faire (quoi, vous vous attendiez à une épiphanie ?).

C’est donc le billet en main et la curiosité en tête que je suis allé voir Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E.

Tic & Tac.

Tic & Tac.

Cependant, je dois confesser mon inculture en la matière, j’ignorais jusqu’à très récemment deux points cruciaux : primo, il s’agit d’une adaptation d’une série (je me flagelle, pardon), deuxio, c’est un film de Guy Ritchie (je me martèle, pardon).

Alors, autant la série, je suis persuadé de n’en avoir jamais rien vu, autant du réalisateur, j’ai pu grandement apprécier Arnaques, Crimes et Botanique, regarder respectueusement Snatch en me disant que le gars était peut-être un peu surévalué, jusqu’à carrément bailler de façon éhontée devant le premier Sherlock Holmes (ce qui m’a fortement encouragé à ne pas voir le second) (désolé).

Mais bon, Henry Cavill (LE bon truc de The Man of Steel), Armie Hammer (LE bon truc de The Lone Ranger), Hugh Grant (LE bon truc de n’importe quoi dans lequel il a joué), ça envoie quand même du lourd. Ça laisse présager aussi du bon accent anglais comme je l’adore et ça, ça n’a pas de prix. Ce qui est ballot, c’est qu’aucun cinéma orléanais ne fait dans la VO. Je suis ire.

Tant pis, j’ai lu sur les lèvres des acteurs en hurlant pour ne pas entendre une VF médiocre et massacrante (spéciale dédicace aux gens qui étaient avec moi dans la salle). Alors, qu’en est-il donc de ce film ?

Rapide mise en contexte : nous sommes en 1963, l’URSS et les Etats-Unis se tirent joyeusement dans les pattes en faisant comme si de rien n’était, tout va bien. Des petites bourrades à grands renforts de menaces de missiles ou de fusils d’assauts, la routine. Parmi ces tensions quotidiennes, nous suivons le cas de Napoléon Solo, agent de la CIA, et Illya Kouriakine, son équivalent au KGB. Ces deux-là, antagonistes de prime abord, se retrouvent contraints par leurs directions respectives à coopérer dans une mission aux retombées internationales (il est d’ailleurs étonnant que James Bond n’ait pas été envoyé, hein, je dis ça, je dis rien).

Nous voilà donc avec un duo traditionnel du cinéma d’action : les deux gusses que tout oppose et qui ne peuvent pas se blairer. Professionnels jusqu’au bout, ils ne vont pas pour autant se saborder l’un l’autre, ce qui fait très bêtement du bien, afin de mener à bien leur mission commune.

Le film joue par conséquent sur des caractères bien différents, des méthodes distinctes et un humour british qui arrose le tout (Guy Ritchie oblige). On sent que notre réalisateur se serait bien vu aux commandes d’un James Bond. Ce film en a l’odeur et parfois même la saveur, grâce à la prestation d’Henri Cavill qui campe un ersatz de 007 américain, avec tout ce qu’il faut de flegme, de goût et de séduction féminine. Le personnage se distingue par une certaine filouterie et son interaction avec un Armie Hammer froid et instable, mais plus attachant à mon humble avis, crée une alchimie vraiment sympa.

L’histoire, son déroulement, n’est pas dénuée de clichés, mais Ritchie parvient à tirer son épingle du jeu en instillant çà et là des doses d’humour bienvenues. Le film se veut résolument moderne sur la question, mais la façon de filmer, le grain de l’image, son découpage à certains moments et l’ambiance générale (notamment grâce aux tenues choisies) lui donnent une touche sixties très appréciable.

L’un dans l’autre, on passe un excellent moment à suivre les aventures de « Cowboy » et « Péril Rouge », alternant action, humour et bons mots, les méchants seront rapidement oubliés, contrairement à ces héros que j’espère revoir dans un deuxième épisode.