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Bon, j’accuse un sacré retard sur ce coup : c’est effectivement en 2015 que je découvre la série The Mentalist. Et je crois que j’ai bien fait d’attendre puisque nous avons pu quasiment tout nous enfiler avec fluidité ! Nous avons en effet terminé la série hier soir (il n’y a que les six premières saisons sur Netflix, la septième vient de sortir en dvd dans toutes les bonnes crèmeries d’outre-Manche) et je vous propose mon avis sans spoiler (sait-on jamais, il doit bien y avoir d’autres gens encore plus à la bourre que nous). The-Mentalist-the-mentalist-9586007-1280-800 The Mentalist suit les tribulations de Patrick Jane, ancien arnaqueur-médium populaire, qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain quand un serial-killer (Red John) a tué sa femme et sa fille de façon aussi inattendue que brutale. Notre héros n’a dès lors qu’un seul but : retrouver le meurtrier et lui faire la peau. Et pour ce faire, quoi de mieux que d’enquêter avec l’équipe policière en charge du dossier ?

Le voilà donc engagé comme consultant au CBI (California Bureau Investigation), sous la tutelle de Teresa Lisbon qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de ce néophyte aux méthodes extravagantes. Car c’est tout la saveur de la série : à quelques rares exceptions près, Jane ne fait pas grand cas des recommandations (voire les ordres) de ses collègues, n’en fait qu’à sa tête, élabore des supercheries pour confondre les criminels. Et tout ça, dans des proportions qui pourraient s’avérer désastreuses en cas d’échec. L’homme compte sur son don d’observation aiguisé, auquel il adjoint un sens de déduction hors pair. Une sorte de Sherlock Holmes des temps modernes, en plus humain.

La traque de Red John est le fil principal, mais il pourra se passer plusieurs épisodes sans qu’on en parle, permettant de souffler un peu, tant l’ombre du serial killer peut être pesante dans certains épisodes. J’ai d’ailleurs une préférence pour les parties où il n’est pas question de la vendetta de Jane, les cas particuliers (un par épisode de manière générale) sont l’occasion pour les scénaristes de redoubler d’ingéniosité dans le traitement des affaires. Jane ne manque pas de talents outre ceux mentionnés plus haut, ajoutons un soupçon de prestidigitation, d’hypnose, de crocheteur, de pick-pocket, le tout enrobé avec une verve qu’il emploie pour cajoler ou pour demander directement aux suspects s’ils ont tué la victime. Ce qui donne lieu à des scènes tantôt savoureuses, tantôt capilotractées (sa maîtrise du poker est totalement impossible, par exemple), mais c’est le jeu.  Il est également doté d’une personnalité raffinée et cultivée, parfois courageux, parfois couard.

Bref, la mascotte d’une équipe qui oscille autour de lui bon gré, mal gré : Lisbon qui va passer une bonne partie de son temps à dire « ce n’est qu’un consultant, il ne fait pas partie du CBI » pour se défendre des facéties de Jane, Kimball Cho, un flic taciturne aux réparties aussi cassantes que son côté grincheux (on doit pouvoir compter le nombre de ses sourires en sept saisons sur les dix doigts de la main), Wayne Rigsby, le comic-relief de la série (mis en duo avec Cho, ça donne des scènes sympas !) et Grace Van Pelt, dernière arrivée dans l’équipe qui tente de faire ses preuves, l’atout charme (et un tantinet couillon si vous voulez mon humble avis) de la série. D’autres personnages se rajoutent à cette fine équipe, mais nous tenons là le noyau principal. Autant être honnête, j’ai eu beaucoup de mal, au départ, à m’attacher à tout autre personnage que Jane. Les premiers épisodes cherchent le ton à donner aux autres et ça se sent. Au final, je garde surtout en tête Lisbon qui devient malgré elle actrice des stratagèmes de Jane et Cho pour ses répliques tranchantes (c’est aussi le personnage a être le plus du côté de Jane, défendant le plus souvent ses méthodes originales parce qu’elles permettent d’avoir des résultats). Les deux autres sont plutôt à catégoriser dans la section des gentils boulets dont on ne sait pas trop s’ils sont attachants ou parfaitement dispensables.

Au rang des points forts, un humour qui fait mouche, mais qui se fait oublier dans des épisodes beaucoup plus graves. Ces épisodes apparaissent comme des espèces de bulles isolées (alors qu’il s’agit de l’histoire principale) où le rire voit sa place volée par le sang. Car il s’agit avant tout d’une série policière, avec des meurtres donc, mais romancées, donc avec des moments de tension liés aux personnages principaux.

On dénotera cependant quelques maladresses. La première d’entre elles, c’est que sans Jane, l’équipe présentée ci-dessus aurait un taux de réussite bien moindre. Il apparaît évident (et c’en devient redondant) que ce sont ses différentes intuitions et manipulations qui permettent de résoudre les enquêtes. Du coup, l’équipe qui l’entoure s’apparente dans la majeure partie des cas aux bras armés qui coffrent les mécréants en fin de course une fois qu’il a fait tout le boulot, ou au pire à une bande de faire-valoir à la ramasse. Toutefois, les scénaristes ont du s’apercevoir de cette faille et ont fait en sorte que Jane arrive à dénouer les liens d’une affaire en s’appuyant (modestement) sur les remarques de ses collègues. Mais même là, c’est souvent amené de façon légère (ou maladroite), en grossissant le trait : Rigsby qui veut manger un donut, paf, ça donne une idée à Jane qui permettra de « save the day ». Wow. Il y a donc aussi les façons dont Jane arrive à résoudre les enquêtes, en faisant des tours de magie rigoureusement impossibles (les joies de la télé), ou en ne se prenant pas une balle dans la tête quand il est mis en joue, là où un otage sans nom y serait passé. Des petites incohérences qui font gentiment soupirer quand elles arrivent, mais fort heureusement n’entachent pas le plaisir général à suivre ces aventures.

L’un dans l’autre, la série était plaisante à suivre, elle souffre parfois de longueur dans son traitement, et, je pense, a bien mérité d’avoir une fin (plutôt sympa au demeurant, je n’avais pas le côté amer d’autres fins de série). Elle tient toutefois beaucoup au jeu de Simon Baker qui campe un Patrick Jane irrésistible, au sourire communicatif. Dans le même genre (à savoir un personnage qui a un don d’observation inouï), j’avais trouvé le personnage de Tim Roth dans Lie to Me beaucoup plus irritant.

Anecdote inutile du jour : Jane est un grand buveur de thé. Lui et moi avons d'ailleurs une nette préférence pour le Lapsang Souchong (frère d'Alain) (désolé).

Anecdote inutile du jour : Jane est un grand buveur de thé. Lui et moi avons d’ailleurs une nette préférence pour le Lapsang Souchong (frère d’Alain) (désolé).

En un mot comme en cent, si vous n’avez pas sauté le pas et que par chance vous avez Netflix, je vous recommande fortement de visionner The Mentalist. En plus, avec les six premières saisons, y’a de quoi faire.