Je ne sais absolument pas comment débuter ce billet, mais il va bien falloir que j’en parle.

Je... Mais regarde-moi, enfin!

Je… Mais regarde-moi, enfin!

Je suis allé voir 50 Nuances de Grey aujourd’hui.

Alors, il faut savoir que je n’ai absolument pas lu les livres, donc mon jugement sur le film manque fatalement de … nuances (ha. ha. ha.).

Qu’en dire? N’ayant qu’une idée potentiellement biaisée sur les bouquins (SM, « mummy porn », du sexe explicite toutes les deux pages), j’admets que je suis allé m’enfermer dans le cinéma avec un bon lot d’appréhension.

Au final, j’ai pas mal baillé, j’ai rigolé à quelques reprises en entendant des répliques intentionnellement drôles et d’autres intentionnellement sérieuses (mais ça craignait un max), et je suis ressorti de là en me disant que je n’avais pas forcément passé le mauvais moment que j’imaginais… Mais que ce n’était clairement pas le film de l’année (c’est d’autant plus couillon qu’on n’est qu’en février et que c’est le seul que j’ai vu, ça promet).

La faute, en premier lieu, à une VF lamentable. Ma ville pourrie ne propose que peu de séance en VO et quand il y en a, c’est à des horaires qui rentrent en contradiction avec ceux du boulot, de la crèche et/ou de l’école. Donc VF c’était. Si on sent bien que Jamie Dornan fait tout ce qu’il peut malgré tout, quelques réserves sur Dakota dont j’ai cru surprendre le sourire irrépressible à deux ou trois reprises (et je la comprends).

Ensuite, n’y voyez rien de sexiste, mais on tient là l’archétype du film pour adolescente… Et une recherche brève sur le sujet ne me détrompe pas : 50 Shades of Grey est à la base une fan-fic… sur Twilight. Je crois qu’à partir de là, tout est dit.

Et effectivement, le parallèle se fait tout seul : Edward et Christian ont en commun d’être de (jeunes, au moins pour le second) beaux bruns ténébreux à qui tout semble réussir, mais qui paraissent inatteignables… Jusqu’à leur rencontre avec Bella/Ana, jeunes filles propres sur elles qui captivent de manière inexplicable leurs Apollons respectifs.

On sent bien le fantasme de jeunesse qui ressort. Ana est une fille bien, sage, vierge, dont le hobby principal est de lire de la littérature anglaise (quand elle ne l’étudie pas), elle a un job, un appartement, est responsable… Mais, ouh, voilà arriver le beau chevalier gris… Qui lui fait le coup du « je t’aime, mais tu ne dois pas m’aimer, mais vas-y que je t’offre un nouvel ordi, une édition originale de tes livres préférés, un tour en hélico, une nouvelle bagnole (en revendant la tienne à ton insu) ».

Sérieusement? C’est quoi ce mec? Le gars ne tient pas une seconde et est une véritable incohérence sur pattes, tour à tour stalker flippant et romantique qui ne s’assume pas, le tout saupoudré de la fameuse domination qui définit le personnage jusqu’au dénouement nécessaire pour qu’il y ait deux films après ça.

On peut ajouter ce personnage d’Ana qui semble la plupart du temps assez passif, même si on peut lui accorder le bénéfice du doute pour le moment : allez, elle veut voir jusqu’où ça peut aller. Perso, je me serais barré dès le début, mais hé, personne ne veut faire un film sur ma vie.

Et évidemment, elle voit jusqu’où ça va, et se décide enfin à réagir au bout de deux heures.

Le film se laisse voir, hein, mais il est plombé par des personnages sans grand relief et un rythme pas toujours très compréhensible. Une bluette que j’imagine bien édulcorée pour le cinéma, et qui, au passage, ne mérite pas ses interdictions au moins de 16-17 ans un peu partout dans le monde. 12, c’est peut-être un peu trop bas, cela dit.