C’est avec un jeu de mot désastreux que j’inaugure ce deuxième article. Ça commence bien.

Vous l’aurez probablement compris, je vais parler de Shovel Knight.

shovel-knight

Autant vous l’avouer tout de suite, je ne suis pas du tout versé dans la culture du jeu indé. Tout juste ai-je joué à quelques titre de Behemoth (Castle Crashers, miam), mais à part ça… J’ai bien Bastion, Binding of Isaac, Limbo et Fez qui prennent la poussière sur Steam, mais je ne les ai jamais lancé plus de quelques minutes, n’arrivant pas forcément à rentrer dedans (shame on me !). Jusqu’à… SHOVEL KNIGHT.

Alors d’entrée de jeu, je le concède, je suis devenu dingue de ce jeu. Des premières notes de musiques fleurant bon l’époque bénie de la fin des années 80-début 90, aux graphismes colorés et 8-bitiens à souhait, j’ai eu le sentiment de déguster la meilleure des madeleines de Proust.

On s’en rend compte très rapidement : si Shovel Knigt se présente de prime abord comme une sorte de compilation de Megaman, Castlevania ou encore Super Mario Bros, il s’affirme très rapidement jusqu’à devenir un jeu à part entière et non plus un bête ersatz. C’est tout le tour de force de Yacht Club qui arrive avec succès à prendre le meilleur de ses aînés, sublimant leurs qualités, et proposant au final un jeu absolument parfait à tout point de vue.

Car c’est réellement la perfection qui est visée ici jusque dans la technique. Les développeurs font une petite entorse à la technologie de l’époque en s’en inspirant grandement mais en effaçant les limites du moment. Deux exemples me viennent en tête, le premier concerne la bande-son du jeu qui ne souffre d’aucun décrochage. La musique n’est pas interrompue par le son du saut du personnage. Il semble même qu’il y a un peu plus de notes que ce que pouvait proposer une NES. Et second point : les graphismes irréprochables. Aucun élément qui ne disparaît de l’écran, pas de bandes vides lors d’un saut, toutes les limitations techniques de la génération 8 bits (et même 16 bits) sont gentiment éludées pour proposer une aventure sans imperfection visuelle.

Faut pas avoir froid aux yeux! Hahahahaha... Hem... Bon.

Faut pas avoir froid aux yeux! Hahahahaha… Hem… Bon.

Dès lors, il ne reste qu’à proposer un univers, une histoire, des personnages et un héros. Shovel Knight jadis accompagné par Shield Knight déambule dans un univers heroic-fantasy (avec des animaux anthropomorphes en guise de villageois). Las, Shield a disparu ! Et une nouvelle menace apparaît en ce bas-monde. Shovel part donc, pelle à la main, affronter l’Ordre du Sans Quartier. Un beau ramassis de couillons prêts à en découdre pour protéger leur Enchanteresse de chef. Le tout est servi par de courts dialogues entre Shovel et ses adversaires avant chaque affrontement, rendant cet univers dynamique.

Le monde établi et les niveaux parcourus sont classiques mais il aurait été dommage de ne pas les avoir : on se retrouve à parcourir les traditionnels cimetière, monde de glace, monde souterrain, prairie, château démoniaque, base aérienne, … Et c’est tant mieux. Je n’attendais que ça. Et chaque région m’a rappelé un bon souvenir d’antan, Castlevania, Quackshot, Sonic… Que du bonheur !

Le tout se découvre avec d’autant plus de délice que Shovel Knight s’avère très maniable. Il dispose de peu d’actions, un coup d’épelle direct à terre ou en saut, ainsi qu’un mouvement comme Picsou avec sa canne dans DuckTales. Mais c’est déjà suffisant pour affronter tous les dangers qu’il nous sera donné d’affronter, d’autant que vous pourrez trouver des objets pour vous aider tout au long de l’aventure.

Votre épelle est affûtée ? Vous voilà prêt !

Le premier niveau commence, la musique retentit et Shovel se déplace efficacement, bondit avec précision (combien de jeux de plates-formes ratés à cause d’une physique pourrie ?), frappe efficacement, saute de précipice en précipice. Tous les canons sont ici aussi respectés : les piques au sol, au plafond, sur les murs, les ennemis qui volent, qui rampent, qui sautent, les plates-formes flottant dans les airs jusqu’aux mini-boss et boss qui ponctuent chaque niveau. Ils ont chacun des attaques bien spécifiques, tentant de vous désavantager en utilisant le décor par exemple. Leur difficulté est assez inégale, mais ils ne présentent pas non plus une menace invincible. A côté de ça, le jeu propose une carte du monde où vous pourrez affronter des boss optionnels et découvrir des niveaux annexes, rallongeant un peu l’aventure.

Sur cette image, vous pouvez distinguer un bonhomme qui va passer un sale quart d'heure. L'autre, c'est Shovel Knight.

Sur cette image, vous pouvez distinguer un bonhomme qui va passer un sale quart d’heure. L’autre, c’est Shovel Knight.

Le jeu peut se montrer parfois coriace, mais jamais insurmontable. Des checkpoints sont disséminés partout au cours d’un niveau. Reste à savoir si vous voulez les utiliser en tant que points de sauvegarde… ou les détruire pour récupérer le trésor qu’il y a dedans. Un choix proposé très sympa pour les amateurs de défis, mais relativement limité dans son application : l’argent ne manque jamais.

Question défis, Yacht Club n’y va de toute façon pas de main morte. Si vous finissez le jeu, vous débloquez un mode New Game+, proposant de conserver vos acquis, mais en conséquence le parcours sera plus ardu : moins de checkpoints et aucune possibilité de regagner de la vie au cours d’un niveau. Et si cela ne suffisait pas, vous pourrez toujours vous lancer dans des choses plus corsées comme finir le jeu sans mourir ou simplement sans tomber dans un trou, ne rien dépenser du tout, ne pas utiliser d’objet, finir en un temps limité… Il y a de quoi faire pour qui veut pousser le jeu dans ses derniers retranchements ! Mais même sans ça, je pense que la qualité d’un jeu se voit essentiellement sur un critère au final : la volonté du joueur de rester scotché ou non à l’écran. Et là, j’ai eu beaucoup de mal à m’en décrocher. Le jeu n’est finalement pas si mal loti pour le genre : je l’ai, pour ma part, fini en 5h44 (précisément) sans trop me presser… Et il me reste tout un tas de succès à obtenir… J’ai de l’espoir.

Et après ?!

Yacht Club a annoncé qu’il proposerait à l’avenir la possibilité de jouer avec certains boss à la place de Shovel Knight. Ils auront des capacités différentes du héros et, d’après ce qu’ils ont dit, même l’histoire proposerait des dialogues modifiés. La version PS4 vous fera affronter Kratos (et il n’a pas l’air très content, pour changer) et le tout sera agrémenté d’un mode battle si j’ai bien suivi l’affaire.

Les développeurs ne comptent donc pas laisser ce petit bijou en l’état mais bossent continuellement pour l’améliorer, et le tout gratuitement (une fois le jeu acheté, j’entends) ! La vie est belle. Je vous souhaite très clairement de jouer à ce Shovel Knight, excellente petite surprise de 2014 qui, évidemment, ne joue pas dans la même catégorie qu’un titre AAA, mais qui vaut très largement le détour.

Maintenant, j’attends surtout l’annonce d’un Super Shovel Knight et je signe direct.

1955a43dd7694c293dbd54fc966dea33_large

A voir : la page Kickstarter et le site de Yacht Club Games.